A bord du “Bus méthadone”, relais mobile pour la substitution

7 jours sur 7 et 365 jours par ans. Le Bus méthadone sillonne Paris quotidiennement pour délivrer de la méthadone, ou de la buprénorphine, aux plus marginalisés. Reportage avec Thomas, le pharmacien coordinateur, et Aurélie, l’une des trois infirmières.

A bord du "Bus méthadone", relais mobile pour la substitution« Tu as écris inclusion dépannage ? Que voulais-tu dire ? », demande Aurélie au téléphone à l’un des membres de l’équipe, profitant d’une pause. « C’est quelqu’un de passage à Paris que nous prenons en charge pour un mois, un mois et demi, on lui a donné un numéro de carte pour qu’il passe », explique-t-elle après avoir raccroché, tout en remplissant son carnet et en jetant un œil à l’ordinateur sur lequel chaque usager du Bus méthadone dispose d’un mini-dossier. Une centaine passent chaque jour prendre leur traitement au sein du Bus qui stationne tous les après-midi à trois différents endroits, Gare de l’Est, Porte de la Chapelle puis Cours de Vincennes.

Inclusion sans rendez-vous

Créé par Médecins du Monde, le dispositif est depuis 4 ans géré par l’association Gaïa-Paris, un centre de soins, d’ et de prévention en addictologie (CSAPA), qui a pris en charge également le Bus chargé du programme d’échange de seringues.

L’inscription est simple pour ceux qui décident de prendre un traitement de substitution aux opiacés : il faut se présenter au 62 bis avenue Parmentier, dans le XIème arrondissement, rencontrer un médecin sans rendez-vous afin d’obtenir une prescription. Le traitement, de la méthadone ou de la buprénorphine, est ensuite délivré quotidiennement dans le Bus. « C’est un programme bas seuil, explique Thomas, le pharmacien coordinateur qui gère le stock de médicaments. Le nombre d’inclusions n’est pas limité car nombre de nos patients sont en difficulté. 50% sont sans logement et un tiers n’a pas la sécurité sociale. Nous suivons en même temps 200 à 250 patients par an ». En échange de cette facilité d’accès aux traitements, « les patients doivent impérativement prendre le traitement devant l’équipe », souligne le professionnel de santé.

C’est cette rapidité, et l’anonymat aussi, qui ont convaincu Stéphane. « Je suis arrivé le 22 juillet à Paris, le 25 juillet j’étais inscrit.  Je suis sur la carte Vitale de ma mère, je ne voulais pas qu’elle comprenne en recevant les feuilles remboursements. » « Quand on décide, c’est souvent dans l’urgence, renchérit Pierre, un ancien monteur, qui est venu à deux reprises en 6 ans après une rechute. Il se prépare à aller à l’hôpital pour soigner des problèmes de foie suite notamment à une forte consommation d’ et pour entamer une cure de sevrage.

3 infirmiers à temps plein

Une carte est délivrée à chacun avec une photo pour éviter les échanges. Les dosages prescrits varient : de 40 milligrammes à parfois plus de 140 milligrammes parfois, selon les besoins. Le traitement de substitution est censé être pris tous les jours. « Si quelqu’un s’absente un ou plusieurs jours, il y a des chances qu’il ait repris de l’héroïne. Alors quand il revient, nous préférons diminuer le dosage pour éviter tout risque d’overdose, explique Aurélie, l’une des infirmières. » Pascal n’est pas passé pendant trois jours « à cause d’un déménagement. J’ai tenu trois jours, dit-il mais là, cela devenait trop difficile. On résiste mieux qu’avec le subutex, assure-t-il. Mais je ferai attention. »

Trois infirmiers travaillent à temps plein à Gaïa et se relaient au sein du Bus. Ils assurent une présence 2 à 3 après-midis par semaine et un week-end sur 6. Deux animateurs de prévention, ainsi que les médecins parfois, les accompagnent. « Nous avons une large autonomie, précise Aurélie. A la permanence, nous réalisons des entretiens infirmiers. Nous commençons les entretiens d’inclusion qui sont conclus par l’un des médecins. » Les infirmiers évaluent la santé des patients lors des passages quotidiens, assurent la prévention pour éviter les risques d’infectiologie, « notamment en cas d’abcès sur les bras. » Une affiche placardée invite les visiteurs à faire une fibroscopie grâce au fibroscan récemment acquis par le CSAPA : les patients souffrant d’hépatite C sont nombreux.

Une image trop négative

Pour Aurélie, l’arrivée au bus est la suite d’un parcours varié. « J’ai travaillé dans différents services hospitaliers, en réanimation, en chirurgie… J’ai entendu parler du bus méthadone  par des détenus toxicomanes alors que je travaillais au sein d’une prison. » Gaïa recherchait une infirmière pour compléter l’équipe. « Nous établissons des rapports de proximité, des liens de confiance avec des gens dont l’image est parfois trop négative. Il est rare qu’il y ait des incidents ou qu’un patient se montre agressif, souligne l’infirmière. Une réunion est organisée chaque mercredi avec l’ensemble de l’équipe pour faire le point, diminuer les traitements ou évoquer les relais éventuels avec d’autres centres. « Notre objectif n’est pas de pousser à la baisse de la prise de méthadone, précise Thomas, le pharmacien coordinateur. Nous diminuons le dosage si les patients le demandent.»

Anne Thiriet

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Réactions

3 réponses pour “A bord du “Bus méthadone”, relais mobile pour la substitution”

  1. ludax dit :

    si vous avez besoin d’un infirmier contacter moi je connais la substitution

  2. […] la future animatrice télé à Belleville, dans l’établissement où elle enseigna… A bord du « Bus méthadone », relais mobile pour la substitution – Actusoins (03/09/2010) 7 jours sur 7 et 365 jours par ans. Le Bus méthadone sillonne Paris quotidiennement pour délivrer […]

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