Interruption de carrière pendant plusieurs années : est-il vraiment possible de revenir ?

Malika Surbled
9 mai 2012

Infirmière : Interruption de carrière pendant plusieurs années : est-il vraiment possible de revenir ?Au bon vouloir des établissements

« Si vous avez arrêté de conduire pendant 20 ans, il n’est pas évident de faire un créneau ». L’image utilisée par Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI (Syndicat national des professionnels infirmiers), pour qualifier le retour à l’emploi des infirmières après une longue période d’arrêt, est simplement efficace.

« Elles peuvent revenir par envie, mais souvent aussi par nécessité financière, suite à un divorce ou a un décès. Sans formation pratique, cela s’avère compliqué », explique le syndicaliste, qui gère environ un appel de ce type par semaine.

Avec des techniques des soins qui évoluent, des formalités administratives et réglementaires de plus en plus complexes, des traitements qui changent, l’infirmière peut vite se sentir dépassée par un travail qu’elle n’a plus pratiqué depuis 5, 10, 15, voire même 20 ans. « Sans accompagnement, elles prennent un risque pour elles-mêmes et pour les patients, mais elles ne peuvent souvent malheureusement pas faire autrement car c’est selon le bon vouloir des établissements et des services » estime le syndicaliste.

En France, les mesures d’accompagnement aux professionnels infirmiers sont prises directement au niveau des hôpitaux employeurs. Les infirmières peuvent être encadrées…ou non.

Dans les hôpitaux privés, la question qui ne figure pas parmi les axes prioritaires de travail, semble malgré tout d’actualité. « Cela fait partie des axes que nous développerons sûrement dans l’avenir, car à partir du moment où il y a pénurie de personnel soignant, il faut trouver des actions pour faciliter le retour à l’emploi » explique Cathia Corbineau, responsable des ressources humaines de la FHP.

Même son de cloche dans le public, dont la stratégie serait surtout d’assurer un suivi au cas par cas. « Quand un nouveau professionnel arrive, d’où qu’il vienne et qu’elle qu’en soit la raison, nous proposons un parcours d’intégration, un tutorat et un accompagnement. Nous pouvons organiser des doublons qui varient de 2 semaines à 3 mois pour les services de réa-neonatologie par exemple. Des bilans réguliers entre le cadre et l’infirmière sont organisés de façon à pointer les acquisitions de compétences et les problématiques restantes », explique RoselyneVasseur, directrice des soins de l’AP-HP. Une organisation théoriquement adaptée qui est néanmoins jugée  irréaliste par les syndicats. « L’état des effectifs dans les services rend souvent les doublons impossibles », regrette Thierry Amouroux.

Une formation indispensable

Mises de côté dans les statistiques, les infirmières diplômées qui ne sont plus en fonction, étaient estimées à 50 000 en 2001. Aucune étude ne précise la part de celles qui reviennent sur le terrain chaque année. À l’AP-HP, ce sont les retours de disponibilités (190 en 2011) et les retours de congés parentaux (126 en 2011) qui sont comptabilisés.

Inexistantes pour les administrations, ces infirmières qui reprennent une activité après plus de 10 ans peuvent difficilement être la cible d’un plan d’accompagnement. Il y a bien eu un dispositif de retour à l’emploi, initié par le ministère de la santé en 2001. Celui-ci proposait gratuitement aux infirmières de moins de 45 ans et qui avaient arrêté leur activité depuis plus de 5 ans, une formation de 1 mois. Ces mesures n’ont pas duré. Plus aucune convention n’existe actuellement.

Pour pallier ce manque, Thierry Amouroux souhaiterait que les régions, par l’intermédiaire des ARS (Agences régionales de Santé),  organisent des séances de formations. «En général, ces infirmières ont déjà remis à jour leurs connaissances théoriques, le plus souvent de façon autodidacte. Par contre, elles doivent réapprendre les gestes. Pour cela, il faudrait prendre modèle sur ce qui a été fait pour les infirmières québécoises qui viennent travailler en France et qui bénéficient de 75 jours de formation ».

 Malika Surbled

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11 réactions

Sandrine
5 septembre 2012

Ben elles ont dû halluciner à leur retour. Déjà qu’avec le temps on garde souvent les meilleurs souvenirs…

Nolwenn
5 septembre 2012

Si les équipes les intègrent bien, oui, c’est possible… Mais sinon, elles vont en bâver!

Melanie
5 septembre 2012

Tt a fait d accord cela depend en grande partie de l accueil des collegues, car je me souviens encore qd j ai debute il y a 6 ans, mes collegues preferaient me laisser galerer que de venir m aider….

Norma Colle
5 septembre 2012

Mr Amouroux, bien présent dans la pyramide ordinale en tant que conseiller départemental et national….fonction que ce mr syndicaliste oublie de préciser dans cet article, prêcherait-il pour sa paroisse ordinale ? En effet,je cite:””Pour cela, il faudrait prendre modèle sur ce qui a été fait pour les infirmières québécoises qui viennent travailler en France et qui bénéficient de 75 jours de formation ».””” Il oublie de préciser par qui seraien,t très probablement, faites ces formations et par qui seraient jugée l’aptitude de ces IDE à reprendre….La réponse est l’ONI et bien sûr çà ne sera pas fait bénévolement mais de façon payante!!! Tout ceci est inscrit depuis des lustres dans les missions ordinales mais tout comme les politiques ces derniers avancent cachés! On commence par infiltrer un ver et hop….il n’y aura plus qu’à percevoir ensuite les dividendes!

moutarde
5 septembre 2012

Thierry Amouroux est paraît-il un grand théoricien mais, en pratique puisqu’il vous/nous parle des infirmières québécoises, combien à ce jour sont venues travailler en France et comment s’est déroulé leur stage d’intégration de 75 jours ?

Encadré par qui même si effectivement c’est l’oni qui devrait en tirer de substantiels profits via les ARS par exemple.

Aurore
5 septembre 2012

Effectivement,je suis dans ce cas (11 ans d’arret) et rien n’est prévu pour nous réinsérer…quel dommage car je suis sure qu’il ya du potentiel!Il faut revoir la théorie par soi meme mais pour la pratique ,ça devient compliqué!!Si quelqu’un à une info…J’espère pouvoir revenir d’ici peu de temps!

la fee calome
5 septembre 2012

A part ses différents mandats à l’oni, à la macsf, au snpi, etc … monsieur Amouroux représente qui ?

Sabrina
5 octobre 2012

Une ancienne collègue avait réussi à faire un stage dans une clinique avant de reprendre à travailler. Par contre les gestes très techniques sont plus compliqués après plus de 20 ans d’arrêt. Elle avait donc fait le choix de travailler en EHPAD. Elle travaillait très bien.

mandragore
5 décembre 2012

Il est marrant Amouroux, lui il travaille dans quel service déjà ?

Ce qu’il nous propose c’est aussi ce que proposait le patron de quelque officine privée sur un site bleu et vendant à prix d’or des formations. Le patron en question étant trèèèès favorable à l’ordre et n’ayant bien sur aucun conflit d’intérêt la dedans. Une formation à la charge des infirmières délivrée par une boite de formation agréée par l’ordre.

Mary
26 décembre 2022

Raphael Sirjacobs
http://soundcloud.com/jean-marc-meis/interview-rapha-l-sirjacobs
Interview Raphaël Sirjacobs Kernews avril 2012
soundcloud.com
Interview Raphaël Sirjacobs Kernews avril 2012
soundcloud.com
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Mary Potter

on se rends bien compte du confort de confiance dont beneficie l’acte vaccinal , qui se permet de vacciner sans tester, et qui finalement autorise l’incompetence….;vacciner pendant une bronchiolite, je n’en reviens pas.c’est curieux , il semble qu’il y ai plus de rigidité juridique, je veux dire de cadre d’exercice, lorsque l’on est infirmière,que lorsque l’on est medecin.a faire peur tout cela.c’est bien lamentable d’en arriver a perdre un enfant pour pouvoir “remonter les brettelles “de gens qui se croiyent tout permis..

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