Bientôt des infirmières anesthésistes – instrumentistes – perfusionnistes ?

Une infirmière praticienne en chirurgie capable d'endormir, intuber, inciser, instrumenter puis suturer et réveiller... Lorsqu'il s'agit de créer de nouveaux métiers "intermédiaires", Laurent Hénart, député auteur d'un rapport sur le sujet, a beaucoup d'idées.

Laurent Hénart, député de Meurthe-et-Moselle © Bernard Launoy

Laurent Hénart, député de Meurthe-et-Moselle © Bernard Launoy

Dans une interview accordée à la Revue de l'infirmière,  Laurent Hénart, auteur d'un rapport sur la création de professions "intermédiaires" entre  infirmiers et médecins, avance l'idée de "praticiens en chirurgie", capables à l'issue d'un master d'assurer les tâches d'infirmier anesthésistes, de bloc opératoire et de perfusionniste.

Le paragraphe aurait pu passer inaperçu, noyé au milieu de réponses plutôt consensuelles sur les pratiques avancées, l'application de la loi HPST et la coopération entre professionnels de santé.

Évoquant la création de paramédicaux "praticiens en chirurgie", le député confie: "Nous pouvons imaginer que les praticiens en chirurgie, à l’issue de leur master, pourront à la fois faire le travail des infirmiers anesthésistes, des infirmiers de bloc opératoire, pourquoi pas le travail des techniciens en circulation extracorporelle (CEC), et en plus réaliser des gestes chirurgicaux : ouvrir, suturer, refermer, par exemple."

Des syndicats professionnels agacés

Pour Charline Depooter présidente de l'Union Nationale des Associations d’Infirmiers de Bloc Opératoire Diplômés d’Etat (UNAIBODE)  interrogée par ActuSoins "cette déclaration est un méli-mélo qui ne veut rien dire." Et de prévenir : "les IADE et les IBODE sont deux professions complètement différentes, on refusera d'entériner un métier fourre-tout"

Même discours pour Anthony Mathot, nouveau président du Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA), qui a adressé une lettre ouverte à Laurent Hénart. Prenant acte des propos "imaginatifs" du député avec une "déception malheureusement coutumière" , il s'étonne "qu'une seule et même personne puisse
accomplir autant d'actes différents dans autant de disciplines différentes, en avoir les connaissances et l'expérience"

Et le représentant syndical d'avancer une hypothèse : "La polyvalence forcée et le glissement de tâches officialisé à grande échelle semblent être le remède miracle universel pour venir à bout du déclin annoncé des populations paramédicales et médicales."

Après un an de mobilisation, les infirmiers anesthésistes semblent initier une reprise de leur mouvement, tandis que les infirmiers de bloc opératoire ont initié une pétition de défense de leur spécialité à vaste échelle.

Pour aller plus loin :

Interview complète de Laurent Hénart

Lettre ouverte du SNIA au député

Rédaction ActuSoins

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