Entre infirmier et médecin, vers de nouvelles professions de santé?

Le député UMP de Meurthe-et-Moselle, Laurent Hénart, s’est vu confier une mission par les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur, relative à la création de nouvelles professions de santé à un niveau de formation intermédiaire – niveau master. Interview.

Laurent Hénart, député de Meurthe-et-Moselle © Bernard Launoy

Cette mission s’inscrit dans un contexte qui évolue beaucoup dans les deux ministères.

Concernant le ministère de la Santé, le vieillissement de la population, l’évolution de la démographie médicale, certaines dispositions de la loi Hôpital, patients, santé, territoires sur la délégation de compétences et l’organisation territoriale soin, constituent les problématiques en lien avec l’objet de la mission. Nous devons nous interroger sur les réponses à apporter à ces besoins notamment par la création de nouveaux métiers, ce qui implique une nouvelle définition des compétences et des responsabilités.

Cette question renvoie à l’actualité ministère de Valérie Pécresse : l’autonomie des universités qui peut générer une plus grande diversité de l’offre de formation et la réforme de la première année de santé qui sera mise en place à la rentrée 2010. De plus, beaucoup de professions de santé sont impactées par la généralisation de la réforme Licence-Master-Doctorat ce qui amène à revoir les parcours de formation. S’ajoutent à cela le développement de la validation des acquis de l’expérience et des volontés de formation tout au long de la vie.

Aussi, l’objet de cette mission est de répondre à un besoin de société : la population vieillit et elle est confrontée au problème de la démographie médicale qui touche quasiment tous les métiers de la santé. Et cela génère des déséquilibres territoriaux. Nous allons donc regarder comment, par la définition des métiers et parcours du soin, les initiatives des acteurs et la formation initiale et continue, nous pouvons pallier ce problème.

Quelle place vont occuper, au sein de votre mission, les revendications des infirmiers spécialisés qui souhaitent la reconnaissance leur diplôme au niveau master ?


Le but de la mission est d’être prospectif. Nous ne sommes pas là pour traiter des deux ou trois revendications professionnelles délicates du moment ; je ne conduis pas une mission de médiation. Néanmoins, leur revendication est évidemment en lien avec l’objet de la mission. A partir du moment où les Infirmiers diplômés d’Etat (IDE) ne sont plus des IDE classiques mais qu’ils disposent de responsabilités professionnelles, de compétences supplémentaires reconnues, cela rejoint la question du cadre d’exercice de leur métier et de leur diplôme. Mais le but de la mission est plus large.

Actuellement, un grand nombre d'infirmiers ont des diplômes universitaires et exercent sans aucune valorisation financière. La création de nouveaux métiers n’est-elle pas un moyen de payer moins cher des professionnels et de faire des économies ?

Nous n’avons pas vocation, au sein de cette mission, à traiter de négociation collective dans l’hospitalisation publique ou privée ou du tarif d’acte. Et avant d’aborder le problème financier, nous devons répondre au problème de service rendu en proposant des innovations et des initiatives.

Les premières auditions débutent en juillet. Qui va être entendu ?

Nous comptons auditionner les partenaires sociaux, les organisations professionnelles du secteur de la santé et les différents Ordres. Nous allons aussi organiser des tables rondes sur des thématiques pour lesquelles il y a un réel besoin de réfléchir à de nouveaux métiers : le vieillissement, le traitement du cancer, les maladies chroniques et la psychiatrie.

J’attends des professionnels de santé qu’ils soient imaginatifs et francs. D’après les premiers contacts que j’ai eu, tout le monde pense que le système de soins ne peut pas rester à l’identique dans la définition des métiers, des compétences et des parcours professionnels, si nous voulons garantir la qualité face aux défis sociétaux et à la démographie médicale.


Avez-vous déjà quelques pistes de nouveaux métiers qui pourraient être envisagés ?

Bien que nous ayons discuté de la question avec les membres de la mission, nous ne donnerons aucune de nos idées avant la fin de nos auditions et de nos arbitrages. C’est un sujet délicat et les annonces prématurées peuvent compliquer le déroulement de la mission. Réponse en octobre avec la remise du rapport.

Propos recueillis par Laure Martin

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Réactions

2 réponses pour “Entre infirmier et médecin, vers de nouvelles professions de santé?”

  1. sacha dit :

    j’approuve ce rapport et les orientations pour les infirmières mais des questions ce posent sur l’application,
    les médecins laisseront -ils le partage de leurs compétences ?
    ces nouvelles compétences seront-elles acquissent définitivement par les infirmières ? ou simplement dans l’attente que la démographie des médecins redeviennent normale ?
    quelles formations et quelles rémunérations?
    et surtout que doit laisser à d’autres professions comme les AS pour ces nouvelles pratiques ? rapport très bon mais restons vigilants sur la réalité de sa mise en place.

  2. scalpel dit :

    Et bah, on est pas rendu…

    Avec sa tronche de 1er de la classe tout droit sorti d’un DEA de droit public + Sciences Po à Paris, ce monsieur à l’air de connaitre son sujet… la san.. heu oups, les finances.

     » avant d’aborder le problème financier, nous devons répondre au problème de service rendu en proposant des innovations et des initiatives »

    –> Proposition pour ce monsieur : aller faire un tour à l’hôpital et en ville, réfléchir, et consolider / développer la formation professionnelle des actuels PS plutôt que de réinventer la roue avec des métiers tout droit sortis de l’espace.

    Remarquez, on va peut-être voir le retour des TSO, Tech. Anesthésistes et curateurs ! A nous les vacances !

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