IADE : Une vague bleue déferle sur la capitale

Entre 2000 et 3000 IADE ont défilé lundi dans les rues de Paris. Une mobilisation exceptionnelle pour cette cinquième journée de grève, qui a été ponctuée de de nombreuses actions médiatiques dans différents lieux "symboliques"de la république. Reportage.

«Allez les bleus ! Allez les bleus !». Nous ne sommes pas dans un stade de football, mais sur la place de l’Etoile à Paris. Et ceux qui entonnent les slogans ne sont pas des supporters de l’équipe de France, mais plusieurs centaines d’infirmiers anesthésistes, déterminés à se faire entendre de Roselyne Bachelot. «Dans les médias la ministre de la ment sans arrêt, elle doit démissionner !», lance un manifestant au mégaphone. Tandis que ses confrères reprennent en cœur une version revisitée de La Marseillaise ou demande l’ouverture des négociations. Il est vrai qu’aujourd’hui les infirmiers anesthésistes ont de quoi avoir confiance : entre 2000 et 3000 confrères sont venus de toute la France pour obtenir satisfaction sur les revendications qu’ils défendent depuis le 11 mars dernier. Arrivés le matin même, en train, en bus et même en avion, les IADE ont massivement répondu à l’appel des deux syndicats SUD et CGT. Dans les rangs des manifestants on peut donc voir des Banderoles et des pancartes siglées Montpellier, Annecy, Lyon et même Ajaccio. Le matin même, les manifestants s’étaient donnés rendez-vous à l’hôpital Necker. Objectif : mener une action dans un endroit symbolique pour attirer l’attention des médias et de l’opinion publique.

« 80% de grévistes »

Et c’est dans le plus grand secret, par petits groupes, que les IADE se sont dirigés vers… l’Arc de Triomphe. Si le déploiement de la banderole prévue s’est soldé par un échec, le blocage de la célèbre Place de l’Etoile, en revanche, a surpris les passants comme les forces de l’ordre. «Les policiers croyaient que nous allions occuper le Champs de Mars, ce matin ils y avaient des dizaines de camions de CRS là-bas ! », lance fièrement Grégoire Guillemin, infirmiers anesthésistes du CHU Kremlin Bicêtre (94). C’est ainsi que pendant plusieurs heures, devant des services de police complètement dépassés, les IADE ont lancé des slogans et pique-niquer, avant de partir en cortège… vers la Tour Eiffel. Un autre lieu symbolique, mais un simple crochet avant la vraie destination des manifestants… le ministère de la Santé. « Nous voulons qu’une délégation soit reçue, poursuit Grégoire. Depuis le début le gouvernement croit que la mobilisation va s’essouffler, mais c’est le contraire qui se passe ». Pour cet infirmier anesthésiste, c’est la manifestation du 18 mai, le jour où les IADE ont envahi les rails de la gare Montparnasse, qui a constitué le « moment charnière » de la mobilisation. « Nous étions dans tous les journaux télévisés, explique-t-il. Cela a motivé beaucoup de confrères. Résultat : aujourd’hui 80% des IADE sont en grève». Devant l’insistance des IADE, une délégation finira par être reçue au ministère de la Santé. Mais le cortège des infirmiers anesthésistes décidera de poursuivre sa démonstration de force parisienne en pénétrant dans l’enceinte du Ministère des Affaires étrangères. Une dernière opération qui se soldera par l’obtention d’un rendez-vous à Matignon. Mais pour Guillaume la mobilisation «n’est pas finie car même s’il y a les vacances scolaires et la Coupe du monde de football, les IADE ne lâcheront rien ».

Rédaction ActuSoins

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