Santé mentale des jeunes : la défenseure des droits appelle Élisabeth Borne à mettre en place un plan d’urgence

La défenseure des droits, Claire Hédon, appelle à agir rapidement pour que la santé mentale des jeunes soit une priorité. Elle interpelle la première ministre sur la gravité de la situation. 

© Halfpoint / ShutterStock

L'arrivée des enfants dans les structures pédopsychiatriques hospitalières pour tentatives de suicides est un moment décisif pour leur prise en charge. Mais "bien souvent, il met en lumière des défaillances des systèmes d'écoute et de recueil de la parole de l'enfant et de l'ensemble des actions de prévention qui auraient dû être mises en place pour protéger l'enfant en souffrance", constate la défenseure des droits dans un communiqué. 

"Pourtant, certaines structures continuent de fermer des lits en pédopsychiatrie par manque de personnels et de moyens"

Dans les réclamations qui lui parviennent, la défenseure des droits a pu constater que certains enfants allant aux urgences après une tentative de suicide, n'avaient pas de lits disponibles, et n'étaient donc pas hospitalisés ou alors dans un service de psychiatrie adulte. 

"Alors que l'état psychique des enfants s'aggrave, de l'apparition des premiers signes de détresse chez l'enfant, jusqu'à la prise en charge en milieu hospitalier pouvant le conduire à des comportements les plus irréversibles, le secteur de la pychiatrue doit être considéré comme une discipline prioritaire".

Entrave au bon développement de l'enfant et de l'adolescent

Le défaut de prise en charge des troubles de santé mentale et les manquements aux droits qui en découlent "constituent une entrave au bon développement et à son intérêt supérieur, que deux années de vagues épidémiques ont contribué à aggraver de manière très préoccupante", souligne Claire Héron. 

"La crise sanitaire a considérablement réduit les interactions sociales pourtant indispensables à la construction psychique des adolescents. En effet, alors que le pic d'hospitalisations des adolescents de 2021 ne redescend pas, la situation de certains de ces mineurs reste dramatique, tant les prises en charge sont inadaptées".

Mesures d'urgence

La défenseure des droits rappelle avoir formulé 29 recommandations dans son rapport annuel, en novembre 2021. Elle a, depuis, adressé un courrier à la Première ministre et écrira aux ministres compétents afin de connaître les suites de ces recommandations. 

Elle cite ainsi les propositions visant à conforter les maisons des adolescents dans chaque département et d'en sécuriser le financement; développer et soutenir les projets de création d'équipes mobiles et les reconnaître comme un "équipement" de l'hôpital. 

Elle demande aussi de renforcer le personnel médical en établissement scolaire, par la présence de plus d'infirmiers et de médecins et de renforcer les moyens de l'école inclusive, "afin que tous les enfants en situation de handicap puissent être orientés dans les établissements adaptés à leurs besoins et aient accès aux aides, notamment humaines, dans les établissements scolaires dont ils dépendent". 

Rédaction ActuSoins

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