Infirmiers anesthésistes iade : La lutte continue

Après s'être enchainés aux grilles de l'hôtel de ville jeudi dernier, les IADE ont planté leurs cathéters devant le siège de l'UMP. Une nouvelle «action coup de poing » destinée à obtenir l'abrogation de l'article 30 de la loi sur la rénovation du dialogue social, la reconnaissance de la pénibilité de la profession et le maintien de la retraite à 55 ans. [vidéo]

Infirmiers anesthésistes iade : La lutte continue

Infirmiers anesthésistes devant le siège de l'UMP - (DR)

C'est dans le plus grand secret qu'une cinquantaine de IADE appartenant au collectif Ile de France, s'étaient donnés rendez-vous sur une petite place, près du siège de l'UMP, rue la Boétie (8e). «C'est une action médiatique destinée à attirer l'attention sur notre cause», explique Jean-Baptiste, infirmier anesthésiste de l'hôpital Georges Pompidou. C’est donc, en tenue de bloc ou de SMUR, masque sur le visage pour certains, que le groupes d’activistes a couru pour rejoindre le siège du parti de gouvernement.

Après avoir bloqué la rue grâce à des courroies en plastique, les infirmiers anesthésistes se sont installés à même la chaussée, sous le regard curieux des passants. Alors que certains s’allongent sur des couvertures de survie, d’autres leur posent un masque à oxygène sur le visage. «Par cette action nous voulons montrer que l'on ne joue pas avec la sécurité dans les blocs opératoires", explique Fabrice tout en oxygénant son faux-patient. "Les IADE sont les seuls à être formés avec les médecins anesthésistes pour ce type d’opération, nous avons une spécialité, le salaire doit suivre». Et son collègue d’expliquer au mégaphone : « Nous nous battons pour une véritable reconnaissance de notre profession ! ».

Dans les rangs des manifestants, le mot « reconnaissance », est sur toutes les lèvres. « Personne ne nous connaît, nous sommes à peine 8000 en France, je dirais même que les trois quarts des infirmières ne savent même pas que nous existons», témoigne Jean-Baptiste, IADE de l’hôpital Georges Pompidou. Mais c’est surtout la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de la Santé et le Syndicat national des cadres hospitaliers, contre l’avis des syndicats majoritaires qui a donné le coup d’envoi de la lutte des IADE. Ce texte prévoit le passage des infirmières en catégorie A de la fonction publique (donc une revalorisation salariale), en échange du recul du départ à la retraite. Sauf que… les infirmiers anesthésistes, qui ont une formation plus longue (24 mois), étaient déjà… en catégorie A. En bref, ils voient leur départ en retraite reculer, sans contrepartie financière. Par ailleurs, les IADE obtiennent la revalorisation salariale la plus faible dans le protocole : ils sont augmentés de 178 euros par mois, quand les infirmières, elles, ont droit à une revalorisation de 322 euros.

« Nous n’avons pas peur, nous sommes ensemble et solidaires»

Retour rue la Boétie. Les sifflets et les chants des infirmiers semblent avoir attiré l’attention des forces de l’ordre qui viennent prendre place devant les portes du bâtiment de l’UMP. Les négociations s’engagent avec les manifestants : une délégation sera reçue par le directeur de cabinet de Xavier Bertrand, à condition que les IADE libèrent la chaussée. «Nous ne partirons qu’une fois que la délégation sera reçue et ressortie », lance cet infirmier, encouragé par ses collègues, toujours assis sur le sol. Statu quo donc.

Dans la bonne humeur, les squatteurs continuent leur happening anesthésique. Entre deux (fausses) perfusions, les IADE distribuent des bonbons et des gâteaux, tout en entonnant des chants revendicatifs sur l’air des « Petits papiers » de Régine. Seulement les forces de l’ordre ne l’entendent pas de cette oreille et la tension monte. « Ils nous ont dit que si on ne partait pas, on savait ce qui allait se passer », raconte souriant, Hubert, IADE de l’hôpital Beaujon. "Peut-être qu’ils vont nous forcer à partir à coup de gaz lacrymogène. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes ensemble et solidaires».

Après une nouvelle négociation, les IADE finissent par céder, ils replient leur matériel et s’installent sur le trottoir d’en face. La délégation composée notamment de Fabrice et Hubert ressort quarante minutes après. « Nous avons été reçus par le directeur de cabinet et le directeur des études de Xavier Bertrand, ils nous ont assuré qu’ils transmettraient nos revendications aux ministères de la Santé et à celui de l’Enseignement Supérieur, en vue d’une éventuelle ouverture des négociations ». L’assistance est mitigée, mais la lutte des IADE est loin d’être finie : rendez-vous est pris le 4 mai pour une manifestation nationale à Paris.

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Leila Minano

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