Lits de réanimation en période Covid : “On a le matériel, le problème c’est le personnel”

Pour créer des lits de réanimation et faire face à l'épidémie de Covid-19, il ne suffit pas de s'équiper en matériel et en locaux. Il faut aussi du personnel en nombre, et ça, ça ne s'improvise pas, se sont inquiétés les représentants des spécialités de réanimation, lors d'une audition au Sénat. 

Lits de réanimation en période Covid : "On a le matériel, le problème c'est le personnel"

© Shutterstock

Ce constat a été partagé d'une même voix par la SFAR (Société française d'anesthésie et de réanimation), la SRLF (Société de réanimation de langue française), la SFMU (Société française de médecine d'urgence) et l'Amuf (Association des médecins urgentistes de France), lors de leur audition au Sénat par la commission d'enquête "pour l'évaluation des politiques publiques face  aux grandes pandémies à la lumière de la crise sanitaire de la Covid-19 et de sa gestion.

Le capacitaire de lits de réanimation initial est de 5700 lits, mais 600 restent déjà fermés, faute de personnel, a indiqué le Dr Eric Maury, président de la SRLF. 

"Le capacitaire de 12 000 lits est possible en termes de lits identifiés, de lits armés au cours de la 1ère vague, on a le matériel. Le problème, c'est le personnel", a-t-il asséné. 


"En termes de de personnels soignants, on avait bénéficié du soutien national. Là, ces soignants ne viendront pas. Sans déprogrammation, je ne comprends pas comment on va faire fonctionner ces unités de réanimation", a-t-il ajouté. 

Manque d'infirmiers et de réanimateurs

Pour un infirmier de réanimation, "il faut six mois à un an d'ancienneté pour avoir une autonomie", a rappelé de son côté le Pr Marc Leone, secrétaire général de la SFAR.

" Le nombre de réanimateurs est insuffisant, et c'est majoré par la crise. Maintenant que l'épidémie est nationale, qu'on ne peut pas transférer [de patients] ni bénéficier des renforts des autres régions, il est impossible d'ouvrir plus de lits de réanimation sans déprogrammation chirurgicale", a indiqué le Dr Maury, de la SRLF. 

"Il faut faire un appel intéressant au niveau financier"

Dans les services d'urgence, "60% de nos lits actuels dans nos départements sont occupés par des patients Covid et on ne peut pas faire de déprogrammations comme pendant la première vague, car les patients qui étaient semi-urgents sont devenus urgents", a expliqué le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la SFMU. 

"On est arrivé au bout de ce qu'on pouvait faire. Les renforts qu'on avait, on n'a pas cette réserve. La déprogrammation, ce n'est plus entendable pour les malades. Il n'est pas entendable de laisser de côté des malades, dont la mortalité est supérieure à celle des coronavirus", a estimé de son côté le Dr Patrick Pelloux, président de l'Amuf. 

Les solutions pour faire face à la pénurie de soignants? 

"Il faut faire un appel intéressant au niveau financier", a insisté le Dr Pelloux, à l'évocation de  l'appel du directeur général de l'AP-HP qui incite les professionnels de santé ayant quitté les hôpitaux à y revenir.  Pour créer de l'attractivité, il faut donner des moyens aux soignants et pouvoir "sur des gestes simples reformer des infirmiers libéraux, pour quelques jours, quelques semaines. Il y a aussi les manipulateurs radio, les biologistes etc.", a-il ajouté. 

Rédaction ActuSoins

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