Infirmière hospitalière et salariée : l’essentiel sur la responsabilité civile professionnelle

Si la fameuse RCP est obligatoire pour les libérales, elle ne l’est pas pour vous, hospitalières ou salariées. Elle est pourtant considérée comme de plus en plus indispensable par de nombreux experts de la santé et du droit, surtout dans les services plus « exposés » que les autres (SMUR, chirurgie, réanimation, obstétrique…).

RCP Infirmière hospitalière et salariée : l'essentiel sur la RCP responsabilité civile professionnelleLa RCP : parce que votre employeur ne vous couvrira pas systématiquement

Le but d’une responsabilité civile professionnelle, c’est de vous protéger si vous êtes mise en cause par un patient à la suite d’une erreur ou d’une négligence dans le cas où l’hôpital/la clinique ne peut pas vous couvrir.

Pour simplifier :

  • si le patient demande une indemnisation (recours civil/administratif, donc) -> en théorie votre employeur vous couvre et indemnise la victime, mais pas toujours.
  • si le patient cherche une sanction (recours pénal/disciplinaire, donc) -> là, vous êtes vraiment toute seule (sauf protection fonctionnelle des fonctionnaires).

Cet article est une publi-information de la Macsf

Si le patient souhaite être indemnisé de son préjudice (tribunal civil ou administratif)

En principe, que ce soit dans le public ou le privé, votre établissement est censé prendre en charge l’indemnisation du patient victime d’un dommage, SAUF dans les cas suivants :

  • La faute détachable du service (concerne l’exercice à l’hôpital, en crèche municipale, en centre de santé géré par une collectivité locale…) : vous avez commis une faute d’une gravité exceptionnelle (tromper d’injection).
  • L’abus de fonction (concerne l’exercice en établissement privé : EHPAD, clinique…) : vous avez effectué un acte qui n’entre pas dans le cadre de votre mission.
  • Des soins délivrés en dehors de l’établissement : vous commettez une erreur dans le cadre de l’assistance à personne en péril ou en prodiguant des soins à vos proches.

→ Dans ces configurations, si votre responsabilité est reconnue, ce sera à vous seule d’indemniser la victime.

Attention au « délai de consolidation » → Votre responsabilité peut être recherchée jusqu’à 10 ans après la consolidation du patient.

Notre conseil : en cas d’incident, notez tout, tout de suite 

Tant que les faits sont encore « frais » dans votre mémoire, consignez par écrit tout ce que vous pouvez (le déroulé des faits, les horaires, les personnes présentes…).

 

Si le patient cherche une sanction

Il se peut aussi que vous soyez jugée au pénal et/ou devant le conseil de l’Ordre, avec le risque d’être condamnée à une peine de prison, une amende et/ou une sanction disciplinaire (mise à pied, interdiction d’exercer…).

Dans ce cas, c’est bien votre responsabilité personnelle qui va être recherchée. Et souvent, vos collègues et votre hiérarchie seront eux aussi mis en cause. D’où un risque important de conflit d’intérêts.

Compte tenu des enjeux directs (amende, peines de prison ferme ou avec sursis, interdiction d’exercer la profession et/ou conséquences disciplinaires au sein de l’établissement) et indirects (l’inscription au casier judiciaire est un frein à la mobilité professionnelle), bénéficier d’une défense personnelle (stratégie de défense, prise en charge des frais d’avocat) et indépendante est primordial.

Les différents cas de figure :

  • La violation du secret professionnel - si par exemple, vous prenez en charge un patient sous l’emprise de stupéfiants/d’alcool, que la police vous demande s’il est bien dans votre service et que vous confirmez.
  • L’atteinte involontaire à l’intégrité physique, voire à la vie - si par exemple, vous sur-dosez une injection et que le patient décède ou garde des séquelles.
  • La non-assistance à personne en danger - l’obligation d’assistance est encore plus exigeante pour les soignants, puisqu’ils sont tenus de « réaliser un bon diagnostic », « passer de bonnes transmissions », « être capable d’effectuer les gestes conservatoires » et de « toujours s’assurer du relais des secours »
  • La mise en danger d’autrui : « Le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessure de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement. » (Art 223-1 du code pénal)
    Et ce, même si le patient n’a pas subi de dommages ou ne demande pas d’indemnisation.

→ Une procédure pénale est toujours traumatisante : saisie du dossier, interrogatoires, audiences devant le juge d’instruction, expertises etc. Même si vous êtes finalement mise hors de cause, il est indispensable que vous soyez soutenue à chacune de ces étapes. C’est là que l’assurance RCP personnelle s’avère encore plus utile.

Un délai de 6 ans à compter des faits → Ici, pas de « délai de consolidation », mais le patient a 6 ans pour lancer une procédure contre vous, à compter des faits qui vous sont reprochés.

Contre quoi la responsabilité civile vous protège-t-elle exactement ?

En cas de procédure indemnitaire, si votre employeur ne vous couvre pas, votre assureur RCP peut vous accompagner pour :

  • rechercher une solution amiable
  • vous défendre
  • vous soutenir lors des expertises
  • régler les frais de procédures
  • prendre en charge les indemnités à verser au patient, à ses proches, aux organismes sociaux, etc.

Une solution faite pour vous 

Pour être accompagné dans votre vie personnelle et professionnelle et rester serein au quotidien, découvrez ici votre tarif RCP-PJ proposé par la MACSF

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