Comment ça marche, les élections à l’Ordre infirmier ?

L’Ordre national des infirmiers (ONI) a donné fin août le coup d’envoi d’un marathon électoral qui doit l’amener à renouveler la moitié de son Conseil national. Première étape : l’élection des conseillers départementaux. Suivez le guide !

Comment ça marche, les élections à l’Ordre infirmier ?Le 29 septembre est une date à cocher sur l’agenda de tous les infirmiers qui veulent s’impliquer dans l’action ordinale au niveau de leur département : c’est en effet la date limite de dépôt des candidatures aux élections pour les Conseils départementaux de l’Ordre des infirmiers (CDOI).

466 sièges, soit la moitié des postes, sont en jeu sur l’ensemble du territoire, pour un mandat de six ans. Et c’est l’ensemble des 350 000 infirmiers inscrits à l’Ordre qui est appelé à se rendre aux urnes (électroniques) entre le 14 et le 29 octobre prochains pour un scrutin assez particulier.

Première subtilité : ce scrutin départemental n’est pas forcément… départemental. Les départements les moins peuplés sont en effet regroupés par deux, voire plus.

Ainsi, si le Rhône ou la Seine-Saint-Denis, par exemple, disposent d’un CDOI pour eux tous seuls, le Gard et la Lozère en partagent un, que l’on appelle Conseil interdépartemental de l’Ordre des infirmiers (CIDOI). Il en va de même pour la Marne et les Ardennes. Résultat : alors qu’il y a en France 101 départements, le scrutin ordinal aura lieu dans 56 CDOI ou CIDOI.


Mais ce n’est pas tout. Les infirmiers d’un même département (ou inter-département) ne sont tous appelés à voter pour les mêmes candidats : les Idels votent au sein du collège libéral, les salariés du public votent au sein du collège public, et les salariés du privé au sein du collège privé.

Et pour corser l’affaire, parité oblige, ils n’élisent pas des individus, mais des binômes homme-femme… sauf quand ils élisent des individus ! Dans les zones où les hommes constituent moins de 10 % des infirmiers, il y a en effet un scrutin pour les conseillères, et un autre pour les conseillers.

« Un rôle très noble »

Les conditions pour se présenter sont assez simples. Tout infirmier de nationalité française ou européenne, inscrit au tableau de l’Ordre depuis au moins trois ans, à jour de ses cotisations et vierge de toute sanction disciplinaire entraînant une inéligibilité peut participer. À noter : les têtes grisonnantes ne sont pas les bienvenues : les candidats doivent être âgés de moins de 71 ans au 29 septembre 2020. Quant aux conditions pour pouvoir voter, la seule obligation est d’être inscrit à l’Ordre avant le 28 août.

Mais au fait, à quoi serviront les heureux élus qui siègeront dans les CDOI et autres CIDOI ? Si l’on en croit Patrick Chamboredon, président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers (CNOI), leur rôle sera capital. « C’est un rôle très noble et très intéressant, explique celui-ci. Tout d’abord, il s’agit d’assurer une mission de service public, à savoir garantir au patient la qualité et la sécurité des soins. Et d’autre part, il s’agit de s’occuper de la profession dans son ensemble, d’apporter son point de vue sur l’exercice professionnel. »

À ces nobles tâches, on peut ajouter celles de choisir les conseillers régionaux (cette élection se terminera le 28 janvier 2021), qui eux-mêmes éliront les conseillers nationaux (fin du scrutin : 23 mars 2021).

Les élus départementaux qui sortiront des urnes en octobre seront donc à l’origine d’un profond renouvellement ordinal. « C’est une chance d’avoir ce jeu électoral tous les trois ans, cela nous permet de faire vivre la démocratie, de rendre compte, c’est tout l’engagement que nous portons pour la profession », se réjouit Patrick Chamboredon.

L’enjeu de la participation

Reste qu’à l’Ordre comme ailleurs, il n’est pas facile de faire vivre la démocratie. Lors du dernier scrutin, en 2017, seulement 22 400 des 212 000 inscrits avaient rempli leur devoir citoyen, et le taux de participation avait péniblement atteint les 10,4 %.

Cette année, les listes électorales ont gonflé, sous l’effet de l’inscription obligatoire. Les infirmiers se mobiliseront-ils en masse ? Patrick Chamboredon semble vouloir prévenir par avance un résultat décevant. « Nous sommes face à une remontée du coronavirus, fait-il valoir. La profession étant très concernée par la lutte contre l’épidémie, cela va être compliqué d’obtenir des taux de participation faramineux. »

Reste une question : au terme de ce long parcours électoral, Patrick Chamboredon se représentera-t-il pour un nouveau mandat à la tête du CNOI ? « Je n’ai pas encore décidé, et ce n’est pas de la langue de bois », répond l’intéressé.

Il est vrai que les sortants sont généralement les derniers à se déclarer.

Adrien Renaud

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