Réforme des retraites : les soignants du public, du privé, et les libéraux se sentent concernés

La journée de grève en opposition au projet de réforme des retraites a été marquée par une mobilisation assez importante des agents de la fonction publique hospitalière*. Les personnels du secteur privé et les infirmiers libéraux, dans une moindre mesure, se sont aussi mobilisés. Qu'est-ce que la réforme pourrait changer concrètement? ActuSoins fait le point sur un projet aux contours encore flous.  

Voir aussi notre reportage sonore à Marseille (Chaîne You-Tube d'ActuSoins ou après l'article)

Réforme des retraites : les soignants du public, du privé et les libéraux se sentent concernés

© M.S / ActuSoins

Les inquiétudes font suite à la remise en juillet d'un rapport du Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Le futur régime devrait ainsi, selon le rapport, être "universel" - il remplacerait les 42 régimes de retraite actuellement existants - pour être "plus juste" et pour "réduire l'écart des pensions entre les précaires et les personnes plus aisées". 

Ce système, comme aujourd'hui, fonctionnera par répartition : les versement des pensions des retraités sera assuré par les cotisations des salariés. 

Il consistera en un système à points acquis tout au long de la carrière : chaque euro cotisé conduire à l'acquisition du même nombre de points pour tous les assurés, quels que soient l'activité professionnelle, le statut ou la forme de l'exercice. 

L'avantage? Selon le rapport, qui prône l'égalité entre les différents régimes, des garanties seront données aux "revenus faibles" entre autres. "Un montant minimum de retraite permettra de garantir aux personnes qui ont travaillé toute leur vie, même avec des revenus faibles voire inférieurs au SMIC, de bénéficier d'une retraite égale à 1000 euros, soit 85% du SMIC". 

Ce qui coince

Dans la fonction publique hospitalière, le montant de la retraite actuelle est basé sur le salaire des 6 derniers mois de l'agent. Avec la réforme "c'est fini", alerte la CGT dans un tract. "La seule chose connue sera le nombre de points que vous aurez accumulé tout au long de votre carrière". Ainsi, il se pourrait que la retraite des salariés du secteur public se base, avec la réforme, sur le salaire moyen obtenu sur la totalité de la carrière de l'agent. 

Les syndicats s'inquiètent aussi de la valeur du point, fixé d'une année à l'autre, de la fin de la "catégorie active" associée au départ possible à 57 ans (pour les aides-soignants, les ASH et tous les paramédicaux ayant conservé cette catégorie) et du recul probable de l'âge de la retraite. 

Autre point de tension : dans le système universel, l'ensemble des droits à un départ anticipé au titre de la pénibilité devra être harmonisé, prône le rapport Delevoye. "Dès lors qu'il n'existe pas de justification objective à ce que des droits différents soient appliqués pour un même métier au seul motif que les statuts professionnels sont différents, l'équité exige qu'ils soient mis fin aux droits spécifiques des régimes spéciaux et de la fonction publique", indique-t-il. 

Dans le privé, les répercussions seraient moins importantes puisque la retraite est calculée en fonction des 25 meilleures années du salarié, et non sur les six derniers mois comme dans la fonction publique hospitalière. Néanmoins, les syndicats professionnels alertent : cela pourrait porter préjudice à un grand nombre de salariés, notamment les femmes, qui ont des carrières hachées, en raison de temps partiels souvent pris après la naissance de leurs enfants. 

Lire : Retraites : Emmanuel Macron évoque l'abandon du décalage de l'âge légal à 64 ans. 

En libéral, la Fédération française des praticiens de santé (FFPS), qui réunit entre autres les trois syndicats représentatifs des infirmiers libéraux (SNIIL, FNI, CI) et l'ONSIL (syndicat non représentatif de IDEL), a fait savoir qu'elle "partageait les inquiétudes générées par le projet de réforme des retraites". Elle n'a néanmoins pas appelé à la mobilisation, préférant le "choix du dialogue et de la concertation". Suite à une concertation avec le Haut conseil à la réforme des retraites, une proposition compenserait d'ailleurs "en grande partie la majoration redoutée des cotisations" demandées aux libéraux dans le projet de réforme, selon la FFPS.

Lire notre reportage sur la mobilisation spécifique des libéraux en septembre

Lire aussi : Réforme des retraites : les infirmiers libéraux divisés

M.S

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* A 18h jeudi, le taux de mobilisation dans la fonction publique hospitalière était de 18,9% (comprenant 8,7% d'agents grévistes et absents, 10,2% d'agents grévistes réquisitionnés pour le fonctionnement des services). 

 

 ActuSoins a donné la parole aux soignants lors de la mobilisation du 5 décembre. Notre reportage à Marseille.

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