Loi de santé : encore des concessions mais les libéraux et les cliniques maintiennent la grève

La présentation du projet de loi santé devant le Parlement devrait être reportée après les élections départementales du 29 mars, selon Les Echos. Mais les libéraux et les cliniques privés ne désarment pas. 

Loi de santé : encore des concessions mais les libéraux et les cliniques maintiennent la grève

©ASTIER/BSIP

Après avoir fait des concessions sur le droit au dépassement d'honoraires des cliniques privées, hors services d'urgence, ou l’organisation régionale des soins, ce qui n'a guère calmé les ardeurs de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) qui maintien son appel à la fermeture des cliniques à partir du 5 janvier, la ministre se donne du temps.

Selon les informations des Echos, le gouvernement a pris le parti de repousser le passage du texte devant le Parlement au mois d'avril, au lieu de fin janvier-début février.

Première raison : les discussions au Parlement  autour du projet de loi Macron (pour l’activité et l’égalité des chances économiques) promettent d'être difficiles. Autant ne pas multiplier les manifestations de contestation à la veille des élections départementales.

Deuxième objectif : c'est l'occasion pour la ministre de la Santé de donner des gages d'ouverture face aux médecins libéraux qui réclament une "réécriture" complète du texte, selon les propos du président de l'Ordre des médecins.


Les gages d'ouverture de Marisol Touraine ne convainquent pas

Des ouvertures qui ne convainquent pas les généralistes qui maintiennent leur préavis de grève entre Noël et le nouvel An. Qui plus est, ils envisagent un mouvement tarifaire à l'initiative de MG France.

"Le syndicat n’a pas lancé de mot d’ordre, c’est un mouvement de la base, assure Claude Leicher, président de MG France dans Les Echos. Des médecins généralistes vont passer de 23 à 25 euros dès décembre."

Car, pour les généralistes, le premier souci, explique -t-il, c’est l’absence de revalorisation des honoraires depuis 2011.

"Non seulement aucune de ces organisation n’a suspendu son appel à la grève, mais tout se passe comme ci la manifestation de la souplesse (la faiblesse ?) du ministre était perçue par les organisations comme le signe de la possibilité d’en exiger plus encore", note le site Jim.fr.

Pas (encore) de telle menace tarifaire du côté du Syndicat des médecins libéraux (SML) mais une détermination plus forte que jamais chez le patron Roger Rua qui en un tweet vengeur hier a prévenu : « Nous ne devons en aucun cas céder aux chants des sirènes et maintenir notre appel à la fermeture des cabinets ». Son objectif : le retrait du projet avant toute discussion, indique Jim.fr.

De même, Luc Duquesnel, le président de l'UNOF-CSMF, espère de son côté, arracher une augmentation du tarif de la consultation en même temps que la réécriture de la loi santé.


Les associations de patients soutiennent le texte

Si les cliniques et les médecins de ville sont farouchement opposés au projet de loi, les associations de patients sont plutôt pour.

Dans une tribune publiée par Libération, Danièle Desclerc-Dulac, présidente du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), souligne que le tiers-payant permettrait de lutter contre le "renoncement aux soins pour raisons financières" et que le service territorial de santé permettrait "de mieux organiser un système" qui est "l'un des plus onéreux de l'Union européenne et [qui] produit encore trop d'inégalités d'accès".

Danièle Desclerc-Dulac souligne les apports de la loi: l'information, avec la création d'un service public de l'information en santé (...), la coordination des soins (dossier médical partagé, messageries électroniques entre intervenants, lettre de liaison entre hôpital et médecin traitant), l'autonomie du patient avec des actions d'accompagnement, l'affirmation des droits des usagers...

Cyrienne Clerc avec Lesechos.frJim.fr et Libération

A relire : Joyeux Noël aux infirmières (et aux patients) !

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Réactions

1 réponse pour “Loi de santé : encore des concessions mais les libéraux et les cliniques maintiennent la grève”

  1. Pendant qu’on se contente de commenter et d’informer les médecins eux s’ organisent et revendiquent, soutenus par leur conseil de l’ordre. Pas étonnant qu’en 2015 il nous faille encore l’autorisation d’un médecin pour faire une toilette ou un pansement on fait tout pour rester la derniere roue du carrosse.

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