Ces soignants qui nous gouvernent

Infirmiers, sages-femmes ou aides ont petit à petit fait leur place parmi les élus, souvent grâce à une forte volonté.

Ces soignants (infirmière, kinésithérapeute, médecin) qui nous gouvernentUne demi-douzaine au Parlement, un certain nombre de conseillers généraux et régionaux et plus encore dans les mairies. « Il y a une dizaine d'années, c'était un peu plus rare, mais il y a maintenant plus de soignants en politique... plus que l'on ne le croit », affirme Marc Saint-Denis, conseiller général Modem de Meurthe-et-Moselle et infirmier libéral. La première difficulté qui s'est posé à eux a été de concilier leur activité professionnelle et leur mandat. Marc Saint-Denis exerce désormais à mi-temps, tout comme Sylvine Thomassin, conseillère générale PS de Seine-Saint-Denis et sage-femme : « Pour représenter les citoyens, il faut continuer à se lever le matin et avoir les pieds dans la glaise, estime cette élue aussi adjointe au maire de Bondy, l'hôpital où j'exerce a été très conciliant en me permettant d'avoir un poste de jour avec un planning fixe. »

La difficulté est de ne pas mélanger les rôles. « Des gens à qui je rends visite dans le cadre de ma profession m'appellent parfois pour des drames familiaux. Je peux m'en occuper, mais je marque la différence entre les deux », précise la sage-femme de Bondy. « Il y a une distance à avoir entre son métier et le fait d'être élu », confirme Marc Saint-Denis.

Continuer à exercer semble plus difficile pour d'autres. « J'ai été sollicitée en 2001 pour devenir adjointe au maire, j'ai dû arrêter d'exercer car je travaillais sur des tranches de 12 h, un mois de jour, un mois de nuit », rapporte Isabelle Vasseur, ancienne aujourd'hui députée UMP et maire de Ronchères (Aisne). Pour la sénatrice PS Patricia Schillinger, c'est aussi en saisissant une opportunité qu'elle a dû abandonner sa profession : « Je suis passée d' à sénatrice du jour au lendemain, sans y être vraiment préparée. »

Passé militant

Si leurs situations sont aujourd'hui différentes, tous ont dû faire preuve de beaucoup de volonté pour arriver à s'imposer en politique. « Le statut le permet si on a la volonté. Il faut le courage de s'imposer », remarque Patricia Schillinger. Les soignants qui y arrivent ont souvent un passé de militant dans différents types de structures. C'est le cas de Marc Gricourt, maire PS de Blois et ancien qui, après une implication associative et syndicale, a été sollicité par la mairie pour créer une association de correspondant de nuit dans sa ville. Un « tremplin » pour être ensuite inscrit sur la liste municipale.

Le lien entre ces professions et l'exercice d'un mandat semble pour eux assez évident : « Nous avons au travers de notre activité une bonne connaissance de l'humain, nous sommes au plus près des gens et de leurs difficultés », observe Marc Gricourt. « Nous choisissons de prendre soin des autres lorsque l'on choisit notre métier, c'est également le cas en tant qu'élu », ajoute Isabelle Vasseur.

Fort de leur expérience, les infirmiers ou les sages femmes se retrouvent généralement à siéger dans les commissions santé ou social. « Mon expérience professionnelle me permet de partager mon vécu et d'apporter un éclairage à mes collègues parlementaires », indique la députée.

Raphaël Richard

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Réactions

2 réponses pour “Ces soignants qui nous gouvernent”

  1. microlax dit :

    tout à fait certains sont atteints d’alzheimer et enfoncent leurs anciens collègues aux séances de l’assemblée nationale, exemple début avril 2010. Mais ces députés là sont assurés d’une belle retraite et surtout pas les mains dans la m-rde!r

  2. Scalpel dit :

    Hélas, certains ont la mémoire aussi courte que leurs anciens patients Alzheimer.

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