Charles Eury : « Nous avons besoin de recueillir des datas sur les conditions de travail dans les PMI »

Alors que des données sur le bien-être et les conditions de travail à l’hôpital ou dans les structures médico-sociales sont disponibles, Charles Eury, président de l’ANPDE (Association Nationale des Puériculteurs.trices diplômé.e.s et des Etudiant.e.s) mais aussi actuellement étudiant en master 2 en santé publique et environnement, estime que les informations concernant les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) sont lacunaires.

C’est dans le cadre de ses études, en tant que stagiaire au sein de l’Aniss (Association des nouvelles interventions sociales et santé) que Charles Eury a pressenti la nécessité de mieux connaître les conditions d’exercice dans les PMI. En contact régulier avec les professionnels évoluant dans ces structures pluridisciplinaires, il explique que « ce qui remontait des discussions de terrain, était la volonté de se recentrer professionnellement sur son coeur de métier, de retrouver du sens à sa pratique, parallèlement à des difficultés croissantes (notamment à cause du financement des PMI), d’où une qualité des conditions de travail qui s’en ressentaient. »

Il a ainsi établi un questionnaire, envoyé via e-mailing et réseaux sociaux, auquel ont répondu environ 800 professionnels, dont majoritairement des infirmières puéricultrices (plus de 70 % des réponses) mais aussi des sages-femmes, des médecins ou encore des infirmières, toutes profession présentes dans les centres. Un taux de réponse très satisfaisant pour Charles Eury, qui espérait 500 à 600 réponses - et a donc largement dépassé ses objectifs.

Charles Eury, président de l'ANPDE. © DR.

Ce questionnaire standardisé, en vue de la réalisation de cette étude nationale, est déjà validé chez les soignants et dans le médico-social. Il aborde ainsi des questions  « classiques » de valorisation des initiatives, de bien-être au travail, de reconnaissance hiérarchique, de la présence ou non de moyens nécessaires pour exercer au mieux, de l’articulation vie familiale vs vie professionnelle etc. « Mais nous avons laissé à la fin du questionnaire des cases avec des questions ouvertes : notamment pour que les soignants puissent indiquer quels facteurs sont favorisants ou limitants. Nous espérons que ces cases permettront d’analyser les spécificités de l’exercice en PMI », poursuit-il.

Tout juste clos, les réponses du questionnaires seront ensuite analysées d’ici l’été, et dresseront « une base de travail pour faire un état des lieux. Nous aimerions ensuite proposer des outils pour aider les professionnels concernés. »

Charles Eury estime que l’époque est propice à ce type d’initiative, citant notamment la mission réalisée a l’été 2018 par la députée LREM Michèle Peyron ayant pour objectif l’évaluation de la politique de protection maternelle et infantile et où le sort des infirmières puéricultrices était évoqué. « Avec ces nouvelles données, nous aimerions activement participer au débat », renchérit-t-il. Car il se pourrait qu’avant fin 2019, une réforme des PMI soit envisagée, avec modification de leur périmètre de missions et de leur mode de gouvernance.

Delphine Bauer

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