Un coaching emploi pour les personnes concernées par le cancer

La Maison rose de Bordeaux, propose depuis 2017 un parcours de « coaching emploi » pour aider les personnes - surtout des femmes - qui ont dû interrompre leur travail pour soigner leur cancer, de le reprendre dans les meilleures conditions. Jenna Boitard, directrice de la Maison rose, explique comment se déroule cet accompagnement pluridisciplinaire.

Un coaching emploi pour les personnes concernées par le cancer

Jenna Boitard, directrice de la Maison rose de Bordeaux. © DR

En quoi consiste le coaching emploi que vous proposez ?

Une session permet à 10 bénéficiaires de bénéficier d'un accompagnement par sept professionnels différents, une fois par semaine sur quatre mois, soit plus de 20 rendez-vous. Avec la psychologue du travail, les participantes peuvent aborder des sujets comme la culpabilité, la difficulté pour certaines de faire le deuil de leur job ou la façon dont les collègues perçoivent la personne qui revient travailler. Le coach en milieu professionnel va organiser des mises en situation, travailler sur les relations de travail. La socioesthéticienne va aider les participantes à travailler sur l'image de soi, et l'animatrice d'art thérapie à relier leur corps et leur esprit. Une assistante sociale, un médecin du travail et une avocate informent les personnes sur leurs droits et les démarches. Et une neuropsychologue explique les troubles qui peuvent être liés au traitement mais aussi à l'annonce et organise des exercices cognitifs. Ce coaching est gratuit, moyennant l'adhésion à l'association, 25€.

A quels besoins répond ce coaching ?

Quand j'ai ouvert la Maison rose, la première en France (une deuxième ouvrira en mai à Paris), je me suis rendu compte que les femmes qui venaient avaient énormément besoin d'accompagnement sur l'emploi. Elles nous faisaient part de difficultés qu'elles et leurs employeurs avaient sous-estimées lors de leur reprise. La clé, c'est d'anticiper et de se préparer pour retrouver ses repères. Certaines ont quitté leur travail pendant 18 mois... Le manager a peut-être changé, ou l'emplacement de son bureau. Il y a aussi les conséquentes du traitement et la maladie qui a pu modifier les aptitudes de la personnes : il faut les reconnaître. Il faut aussi savoir à quoi on a droit en termes d'aménagement de la reprise, comme le temps partiel thérapeutique. Nous accompagnons les personnes pour les aider à reprendre dans les meilleures conditions, à prévenir le risque de désinsertion, d'arrêt de travail et d'une éventuelle dégradation supplémentaire de la situation physique et psychique des personnes.

De forte disparités existent entre les entreprises. Certaines sont plus facilitantes que d'autres : le mode de management fait la différence. Il faudrait former davantage les professionnels des ressources humaines : nous essayons de le faire. Quant aux professionnels qui travaillent en libéral, ils sont particulièrement démunis et seuls.

Quels sont les retours que vous recevez de la part des participantes ?

Ce programme est plébiscité par les participantes. En plus d'un questionnaire au début du coaching, nous leur proposons des entretiens à mi-parcours et à la fin. Les participantes apprécient beaucoup le soutien qu'elles trouvent dans ce groupe. Il rompt leur isolement et leur redonne confiance. Il y a un effet thérapeutique du groupe, du partage des expériences et des représentations, car tout le monde n'en est pas au même stade. Elles se rendent compte quelles ne sont pas seules à rencontrer des difficultés. A près trois sessions en 2018, nous en organisons quatre en 2019, dont deux sont déjà complètes. »

Propos recueillis par Géraldine Langlois

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