E-soin : vers un label pour les services de soins numériques infirmiers ?

Parce que les outils de e-santé potentiellement destinés aux infirmiers sont rarement produits pas des professionnels du soin, le concept de e-soin imaginé par un infirmier libéral vise à favoriser l'implication des infirmiers dans leur conception et à labelliser ceux qui concernent leur métier.

E-soin : vers un label pour les services de soins numériques infirmiers ?

Sous l'impulsion d'un infirmier libéral, Giovanni Silverii, le concept de e-soin se dessine peu à peu aux côtés de la e-santé. Peu d'infirmiers oeuvrent selon lui dans l'univers de la santé numérique : « le Club médical numérique ne compte que trois ou quatre infirmiers sur une trentaine de membres actifs », observe-t-il.

Ce sont pourtant les infirmiers qui pratiquent les soins et, ce faisant, « produisent » une grande quantité de données issues de leurs mesures (température, tension...) et de leurs observations (état du patient, plaies, pansements, etc.). Des données utiles aux médecins dans leur démarche de diagnostic, d'évaluation et de prescription mais dont l'utilité pour l'amélioration de la prise en charge globale des patients n'est pas exploitée. Or, ajoute l'infirmier, elles (les données produites par les mesures et les observations réalisées par les infirmiers) ne sont pratiquement pas utilisées pour créer par exemple des modèles, des protocoles ou étudier des situations de soin...

Rendre visible les données

Le concept de e-soin est destiné, explique Giovanni Silverii, à devenir un « label » qui pourrait s'appliquer aux services numériques utiles aux infirmiers, qui permettent de rendre visibles leurs pratiques et leurs actes et qui reflètent leur déontologie, et dont la finalité améliore la prise en charge du patient, la coordination de ses soins et leur suivi.  Le travail d'élaboration des critères de ce label est en cours.

Potentiellement, tous les dispositifs connectés et les logiciels métiers impliqués dans la prise en charge des patients peuvent être concernés par ce label. « Nous travaillons sur la coordination des soins qui peuvent être délégués aux infirmiers, comme les ECG ou les spirométries, et sur les chatbots (des assistants virtuels, NDLR) conçus par des infirmiers pour faire de l'éducation thérapeutique ou pour améliorer des protocoles sur les pansements, la déshydratation ou des tests d'hypotention orthostatique, indique l'infirmier. Nous allons en créer plusieurs. »

La société Tabsanté, qu'il a créée, a déjà produit un dossier de soins infirmier informatisé (DSII), sur tablette, qui pourrait agréger ces outils numériques labellisés (logiciels, chatbots, brassards à tension ou appareils d'ECG connectés) et former une sorte de plateforme numérique de soins pour le domicile.

Formation DPC

Giovanni Silverii mise aussi sur le développement du e-soin par le biais de la formation. Un projet de programme de formation est en cours d'instruction au niveau de l'Agence nationale du développement professionnel continu (DPC), indique-t-il. Cette formation sera présentée succinctement lors de prochains congrès. « Nous voulons aussi proposer à des instituts de formation en soins infirmiers de la proposer aux infirmiers diplômés et de l'ouvrir aux étudiants en troisième année pour que professionnels et étudiants se rencontrent sur ce sujet de la e-santé appliquée aux infirmiers. Elle peut aussi être réservée aux seuls étudiants.»

Cette formation, assure-t-il, sera soutenue par le Club médical numérique. Il s'investit également dans un master E-santé pour pour favoriser l'émergence de nouveaux métiers d'experts en santé numérique. « Le mieux, estime-t-il, c'est que nous, les infirmiers, nous puissions mettre en place nos outils nous-mêmes » et valider ceux créés par d'autres.

Olivia Dujardin

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