Cherbourg : un infirmier libéral dénonce des indus en faisant une grève de la faim

Installé devant la Caisse primaire d’assurance maladie de Cherbourg (Manche) nuit et jour depuis le 11 septembre, Florent Regal, infirmier libéral, a entamé une grève de la faim. Objectif : obtenir la garantie de sa Cpam, qu’elle ne lui réclamera plus d’indus.

Cherbourg : un infirmier libéral dénonce des indus en faisant une grève de la faim

©DR

Cette grève de la faim, Florent Regal l’a fait pour dénoncer le comportement de sa Caisse. « A la suite de mes télétransmissions, j’ai découvert la semaine dernière que la Cpam avait retenu le montant des indus qu’elle estime que je lui dois, à savoir 6500 euros », s’insurge l’infirmier. Et de raconter : « J’ai pu parler avec le comptable de la Cpam qui m’a effectivement confirmé cette retenue. Après lui avoir dit que cette manière de faire était illégale car aucun jugement me condamnant à payer les indus n’avait été rendu, je l’ai informé que je ne me laisserai pas faire. Il a fini par me dire que je serai remboursé dès le lendemain. »

« On n’est pas des marchands de tapis »

Mais Florent Regal ne s’arrête pas là : il appelle le sous-directeur de la Caisse pour lui dire que c’est « inacceptable » et qu’il va porter plainte s’il recommençait. « Il m’a pris de haut, et m’a informé que de toute façon, je n’allais pas être remboursé, indique l’idel. Ce à quoi j’ai répondu que j’allais faire une grève de la faim. Alors dans la foulée, il m’a dit que tout compte fait, j’allais l’être, et ils l’ont fait ! Mais j’en ai marre. C’est quoi ces manières de faire ? Nous ne sommes pas des marchands de tapis. Donc je suis devant la Cpam, je fais une grève de la faim et je resterai tant que je n’aurais pas la certitude qu’ils vont changer de comportement. »

Florent Regal n’en est pas à son premier coup d’essai pour obtenir gain de cause. Au mois de mars déjà, il avait fait parler de lui en s’enchaînant au bureau de la directrice de l’antenne de sa Cpam. Révolté par un courrier lui annonçant le fameux éventuel trop perçu de 15 537 euros, il avait souhaité, au-delà de sa situation, dénoncer les conditions de travail des infirmiers libéraux. Le co-fondateur de l’Union nationale des infirmiers diplômés d’Etat libéraux (Unidel) n’avait pas voulu céder face aux accusations d’actes non conformes à la Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) et aux demandes de justificatifs supplémentaires, pour un travail effectué deux ans auparavant. Après plusieurs rebondissements, le directeur de la Caisse s’était engagé à examiner personnellement son dossier, et à lui apporter une réponse les semaines suivantes.

Aucune négociation possible

« Après cet échange, j’ai obtenu un retour de la Cpam, et mon indu est passé de 15 537 euros à 8500 euros, ce que je n’ai pas accepté, explique Florent Regal, qui a toujours refusé d’aller devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS). Puis finalement, la Cpam l’a baissé à 6500 euros. Là aussi j’ai refusé de payer. Ce n’est pas les soldes ! Je conteste la totalité de ces indus. » Pour le moment, l’infirmier n’a pas de nouvelle de la Cpam. « Je dors devant depuis deux jours, tout le monde s’en fout. Mais ils ne savent pas à quel point je suis quelqu’un de déterminé. » Et de conclure : « Je refuse toute négociation. Ce que je souhaite, c’est que le directeur vienne me voir pour me dire que je ne fais plus l’objet de poursuite, que je ne leur dois rien et que cela ne recommencera pas. »

Laure Martin

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