Après quatre semaines, les agents du CH de Bastia contraints d’interrompre leur grève de la faim

Samedi 25 novembre, les deux derniers agents de l'hôpital de Bastia (Corse) qui poursuivaient une grève de la faim depuis le 30 Octobre ont dû interrompre le jeûne pour des raisons de santé. Mais leurs revendications restent les mêmes. 

Dans le hall de l'hôpital, les agents tiennent un stand d'information. © DR.

Les agents ont tenu le coup quatre semaines.  Au début, le 30 Octobre ils étaient sept, puis au fil des jours et des semaines, leur nombre a diminué. Il faut dire que maintenir le jeûne est un sacré combat. "C'est très éprouvant, très fatiguant. Je suis maintenant en congés pour m'en remettre, d'autant que nous sommes très déçus", explique Josette Risterucci, secrétaire CGT de l'hôpital, l'une des deux dernières jeûneuses. 

Les agents, soutenus par la CGT, n'ont, au bout du compte, rien obtenu. Ils demandaient une aide d'Etat exceptionnelle et immédiate de 15 millions d'euros pour leur hôpital, qui ne peut plus payer ses fournisseurs et qui "tombe dans un état de vétusté impossible" selon Josette Risterucci. 

Car à l'heure actuelle, avec un déficit de 50 millions d'euros, la capacité d'autofinancement de l'hôpital est négative et oblige l'hôpital à financer ses investissements par des subventions ou des emprunts. La situation de trésorerie est critique, malgré 10 millions d'aide versées en 2016 (contre plus de 5 millions en 2015). 

Des propositions insuffisantes pour la CGT

"On nous propose entre 9 et 10 millions d'euros d'aides régionales, dont une partie qui étaient déjà prévues sur la fin de l'année, c'est lamentable, estime Josette Risterucci . Pour le reste, on nous dit d'attendre la fin des élections pour la collectivité unique en Corse*. Il y a des enjeux de tractations politiques, du coup, on nous met en attente". 

Alors, les agents envisagent d'autres actions à partir du mois de janvier. Soutenus par des usagers et des patients - une marche de soutien organisée samedi dernier à Bastia a rassemblé près de 1000 personnes - , ils ne souhaitent pas pour autant entamer une grève au travail. 

"Nous continuons à assurer une information sur un stand  pas dans le hall d'accueil. Nous sensibilisons ainsi les passants aux problèmes rencontrés à l'hôpital : fermeture de 3 salles de bloc cet été, du matériel et des médicaments qui n'arrivent plus, sans compter la vetusté... Mais il est hors de question d'entamer une grève, cela pénaliserait l'accès aux soins. Si en première intention nous avions choisi la grève de la faim et non la grève tout court, c'est que justement nous ne souhaitions pas entraîner davantage de fermetures alors que c'est ce que nous dénonçons", poursuit la syndicaliste.

Davantage de maillage territorial

Ce que souhaitent les agents CGT de l'hôpital de Bastia, c'est aussi un meilleur maillage territorial pour un meilleur accès aux soins pour tous. 

Christophe Castaner, délégué général du parti La République en Marche et ancien porte-parole du gouvernement était interrogé ce week-end sur les problèmes de santé en Corse, à l'occasion d'un meeting de son parti. "Il s'est félicité de l'hôpital neuf d'Ajaccio, et a estimé que beaucoup avait été donné pour la Corse" rapporte Josette Risterucci. "Or, l'accès aux soins en Corse ne se résume pas à la construction d'un hôpital neuf à Ajaccio, mais à un maillage du territoire et à un besoin sur toute la Corse", poursuit-elle. 

M.S

*les électeurs insulaires vont élire, les 3 et 10 décembre prochains, leurs représentants à la collectivité unique, issue de la fusion des deux départements de Corse-du-Sud et de Haute-Corse. 

 

 

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