Plateforme d’appel pour les soignants en souffrance : déjà 250 appels

Depuis sa mise en service le 28 novembre dernier, la plateforme d'appel «Soignants en Souffrance» a déjà été sollicitée 250 fois. 

Plateforme d'appel pour les soignants en souffrance : déjà 250 appels

Près de 50% des soignants estiment être ou avoir été en situation de souffrance - burn out, conduites addictives - dans leur carrière, selon l'Association Soins aux Professionnels de Santé (SPS). Et plus des trois-quarts chercheraient de l'aide s'ils se retrouvaient dans une telle situation. Face à l'urgence, l'association SPS a mis à disposition, depuis novembre dernier, un numéro vert - 0 805 23 23 36 - gratuit, disponible 24h/24 et 7j/7, pour aider les soignants qui souffrent. Le bilan, après plus d'un mois d'activité de la plateforme d'appel témoigne du besoin d'écoute et de soutien des professionnels rendus vulnérables. 

Majoritairement des femmes infirmières

Du 28 novembre au 3 janvier dernier, la plateforme a reçu 220 appels pour une durée totale d'environ 80 heures. Près de 200 appelants différents ont été pris en charge, plusieurs ont été rappelés et suivis par des psychologues SPS, un peu plus d'une dizaine ont appelé plusieurs fois. 

"Les appelants sont en majorité des femmes (les trois-quarts). Environ 60% de salariés pour 40% de libéraux. Les professions les plus représentées : infirmiers, aides-soignants, médecins et pharmaciens" relate l'association dans un communiqué. 

"Ce bilan d'activité de la plateforme, en un peu plus d'un mois de fonctionnement, démontre bien l'importance de la mise à disposition d'une structure d'écoute, d'orientation et de soutien des professionnels de santé en souffrance" ajoute SPS. 

Accueil, écoute, soutien, accompagnement

"Je me sens épuisé", "J'ai trop de travail", "Je me sens harcelé", "Je n'en peux plus", "J'ai besoin d'aide", "J'ai décidé de m'en sortir"... Après avoir composé le numéro d'appel, les soignants rendus vulnérables ou en souffrance trouvent un accueil, une écoute, un soutien et un accompagnement : Accueil de premier niveau d'écoute avec une prise en charge immédiate par des psychologues spécialisés et expérimentés et orientation  adaptée. 

Rédaction ActuSoins

Motifs des appels : quelques témoignages 

L' arrive en tête (un quart des appelants) suivi par les demandes orientation (près de 10%), les conflits avec la hiérarchie (8%), les dénonciations des conditions de travail et les ressentis de (respectivement 6%)

Yvan, médecin, se dit épuisé. Il a l'impression de sombrer dans la dépression et n'a personne à qui en parler. Son couple bat de l'aile et il a peu d'amis. Il était soulagé d'avoir ce temps d'écoute et n'hésitera pas à rappeler. 

Sandrine, infirmière, a subi, pendant plusieurs années, des pressions de cadres de son service pour faire des "jours-nuits". Or, elle a une maladie rare qui l'empêche de le faire. En fin d'entretien, elle dit être soulagée d'avoir pu parler à une tierce personne et d'avoir été entendue. 

Laurence, aide-soignante, travaille depuis l'âge de 17 ans, aime toujours son travail. Malheureusement, elle arrive à l'épuisement. En cause : les conditions de travail qui se sont dégradées, son travail qui a perdu tout son sens, l'humain qui disparaît. Elle avait besoin de parler et d'être écoutée. 

Anne, pharmacienne, appelle car elle se dit surchargée de travail et en difficulté financière. Très abattue, elle est en demande de conseils au niveau comptabilité et gestion de sa pharmacie. 

Pascal, kinésithérapeute, a fait les tests du et rentre dans les critères. Il est en et ne trouve pas d'associé dans son département. Il avait besoin de "vider son sac". 

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Réactions

60 réponses pour “Plateforme d’appel pour les soignants en souffrance : déjà 250 appels”

  1. Nous sommes incapable de nous fédérer pour faire entendre notre voix, nous les IDE sommes 1/2 million ajoutez les AS et autre ASH etc, on obtient tout ce qu on veut mais personne ne veut concéder la moindre petit partie de son tps et ou investissement donc après faut pas se plaindre sur des réseaux sociaux, pour le coup ça ne sert strictement a rien sauf vous faire du bien comme le fait cet appel d écoute ni plus ni moins…

  2. Mon métier est pour moi mon oxygène mais j avoue parfois il devient trop pesant voir même étouffant je suis as de nuit en maison de retraite

  3. oui c’est vrai qu’il y a des soignants qui souffrent mais il y a aussi d’autres catégories qui elles sont sans espoir de reclassement au sein de l’entreprise qui les emploi . alors OUI au soutien aux soignants mais n’oublions mas les autres !

  4. Être écouter? Ahh bon cela existe? J’en doute fort !! Et de plus en plus

  5. Solène Bastaroli ça peut être intéressant pour ton TFE

  6. Lorsque que l’on écoute Marisol ,elle a le culot de dire, “mais il n’y a pas de surcharge dans les hopitaux, tout est sous controle’, moi d’entendre ça , ça me rend folle, non nous ne sommes plus sous controle, nous sommes des automates qui refusont de voir souffrir les malades donc nous avançons mais frustrées de plus en plus frustrées c’est tout le personnel qui est au bord du burn out car on se dit qu’un jour ce sera nous les malades et c’est tout simplement affolant, je ne souhaite de mal à personnes mais si un jour un de mes cher collègue doit soigner Marisol, je compte sur lui pour lui faire comprndre notre douleur

  7. j’ai été hospitalisée il y a 3 ans : la folie je plains les ide , trop de pressions , je suis libérale depuis 26 ans , c’est différend mais trop de pressions aussi , mon binome a fait un burn out il n’est jamais revenu …..Ce métier est trés difficile mème si on l’aime !

  8. On l’est Aussi nespa Berengere Graillot Marie Robledo et ÉVa LuDo Mas-Martinez

  9. Viviane Vld dit :

    Ancien as J ai vu les conditions de travail se dégrader. Il faut faire du chiffre.C est lamentable…
    Vous avez tout mon soutien

  10. La. Majoritédes appelants sont des femmes en même temps on est majoritairement des femmes dans les soins

  11. Et on doit arriver à soigner….Faut vraiment adorer son métier pour prendre autant sur soi

  12. Tous devrai manifester car notre boulot n est plus reconnu.o

  13. Céline Cha dit :

    Oui
    Et ça sert à quoi d’appeler une plateforme ??? Il faut du factuel ! Des solutions ! Des actes !

  14. Diane Grard dit :

    Nier notre souffrance, c’est nier celle de nos patients lorsque nous manquons de Temps, de moyen Et d’énergie pour prendre soins d’eux.

    Patients, notre bien être conditionne le votre. Alors Sentez vous concernés par les problèmes qui nous touchent, Car Si nous souffrons, le dernier maillon de la chaîne subit et souffre par ricochet.

    Dans mon service (onco-hémato), on nous fait comprendre en nous ôtant un poste dès le mois prochain, que le relationnel ne compte pas dans l’évaluation de la charge de travail pour justifier la masse salariale du service LOLJe dois donc m’arrêter de consoler les familles endeuillées, les patients a qui on vient d’apprendre qu’ils ont une leucémie au profit des actes côtés ?

    Le soin, EST Et DOIT RESTER une affaire d’humains qui s’occupent d’humains. Pas une logique mercantile sans âme.

  15. Skonky Mv dit :

    Mettez vous tous en arret maladie en meme temps ca vous evitrai d etre assignes pour une 1000000 greve….. laissez les se demerder jusqu a obtention de vos demandes…..

  16. On veut pas d’une putain de plateforme d’appel qui sert à rien on veut des moyens du personnel du matos des lits !!!

  17. Il conviendrait de revoir e amont le mode de fonctionnement du systeme de sante qui s est bien degrade

  18. n’oublions pas ceux qui n’ont pas le courage d’appeler malgré leurs souffrance, appeler peut être dure pour certains même si c’est anonyme

  19. Si tous les soignants décidaient de ne pas travailler tous en même temps, même jour, mêmes horaires dans toute la France, l’ARS et Marisole Touraine verraient bien avec qui tournent un hôpital ! Ça ne sert à rien d’aller manifester. Il faut de véritables actions sur le terrain.

  20. Commencer par une prise de conscience en relevant les salaires serait une première démarche dans la reconnaissance de ce métier, et motiverait davantage…

  21. Faudrait il encore que les soignants soient au courant de ce numéro d’appel !!! Il n’y en a pas là pub dans les vestiaires des soignants !!!

  22. ça se voit que la guidante n’a jamais travaillé comme soignante!! Faudrait qu’elle se pose la question du Pourquoi les ide ne travaillent que 8 ans et vont voir ailleurs après!! pfff!

  23. Alice Romero dit :

    Poudre aux yeux de la part du gouvernement « regardez chers soignants on vous entends, on vous écoute » mais surtout taisez vous, ne dites pas que vous avez 15 toilettes à faire par matinée, que vos collègues malades ne sont pas remplacés, que vous posez vos perfusions en courant, que vous priez pour que les familles ne soient pas là car pas le temps de les soutenir… on se fou de nous !!!!

  24. Sarah Lne dit :

    J’ai fais mon mémoire sur la souffrance des infirmiers et une de mes guidantes m’avait dit que ce n était pas un vrai sujet, qu’il fallait que je recommence tout et que je faisais preuve de jugement. En france on en parle peu, je me suis beaucoup documentée av des dossier canadiens, mais j ai tenu bon et je n ai pas écouté cette cadre qui n avait que peu travailler en tant qu’ide ! J’ai eu raison car mon travail a été adapté dans le service de l’infirmière qui m’a noté ! A quand une généralisation de la prise de conscience ??

  25. Nanou Nad dit :

    Ya ceux qui appellent et surtout tout ceux qui n’appelleront jamais…

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