Journée des soignants : la prévention pour faire passer le message de la révolte

Ils se sont réunis dans douze villes de France aujourd'hui, pour alerter les usagers de ce qu'ils estiment être des dérives instaurées par les différentes lois et réformes sur la santé. Infirmiers libéraux, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, opticiens, biologistes, chirurgiens-dentistes, médecins de ville, ergothérapeutes : tous ont mené des actions locales de prévention pour faire passer leur message. Reportage à Marseille.

Journée des soignants (infirmier libéral, médecin, kinésithérapeute) : la prévention pour faire passer le message de la révolte

© M.Surbled / ActuSoins.
Les masseurs-kinésithérapeutes craignent aussi un démantèlement du système de santé.

"Lorsque vous donnez 100 euros à une mutuelle, il faut savoir que 65 sont destinés aux soins, et 35 à la publicité et aux frais de gestion" explique un kinésithérapeute à un passant sur le Vieux-Port de Marseille. Le problème? "C'est qu'aujourd'hui, notamment avec les programmes de certains politiques, il serait question de réduire davantage la part de l'Assurance Maladie dans le remboursement des soins. Pour augmenter la part des complémentaires... Ce qui fera monter en flèche les cotisations pour les mutuelles" poursuit-il. 

Aujourd'hui, les professionnels de santé libéraux sont inquiets pour leurs patients. "Les inégalités se creusent de plus en plus" explique Thierry Ferrari, trésorier adjoint du syndicat Convergence . Car aux problèmes des mutuelles, s'ajoute celui de la mutualisation de moyens. "Avec des maisons de santé en plein centre ville, les patients n'auront bientôt plus accès au libre choix de leur professionnel de santé. On redoute qu'une carte sanitaire soit en train d'être établie, comme dans les pays anglo-saxons" poursuit le syndicaliste. 

Les sont inquiets pour leur avenir aussi

Si les infirmiers libéraux* redoutent tant le développement des HAD, des maisons de santé et des autres structures (SSIAD, SPASAD...), c'est qu'ils se sentent menacés. "Les cabinets vont fermer au profit de structures beaucoup moins rentables pour la société" poursuit Thierry Ferrari. " C'est totalement incohérent. Nous savons faire. Nous savons coordonner. Et au fil du temps, on nous retire notre travail pour des structures bien plus onéreuses qui ne respectent pas les critères d'inclusion des patients" ajoute-t-il.

Alors, aujourd'hui, les soignants ont décidé d'agir. Ils voulaient marquer le coup autrement, sans manifestation, sans banderole. Sous l'ombrière du Vieux-Port de Marseille, une vingtaine de professionnels s'est passé le message. Prise de tension artérielle et glycémie capillaire par les infirmiers, massages du dos par les kinés, discussions et distribution de tracts : les passants ont été chouchoutés et initiés aux problématiques que rencontrent les soignants au quotidien. 

Les pressions qui seraient exercées par les Caisses d'Assurance maladie (contrôles), la notion de temps paradoxale à la notion de forfait dans leur , le zonage "incohérent" et le "démantèlement des compétences" qui ne permettrait plus aux infirmiers de "soigner en première intention" figurent parmi les sujets de révolte du jour pour les infirmiers. 

Les masseurs-kinésithérapeutes se sentent également menacés par un système de santé n'allant pas dans leur sens. Ils ont des revendications identiques, mais aussi des sollicitations propres.  "Nos compétences  sont de plus en plus données à d'autres professionnels, comme les éducateurs sportifs qui pratiquent le sport appliqué en Ehpad par exemple" explique un kiné sur l'esplanade.

Niveau de non reconnu, rémunérations "indécentes", manque d'effectifs dans les établissements de santé... Autant de problèmes rencontrés par les uns et les autres au quotidien.

Ici à Marseille, en début d'après-midi, seuls les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes et les biologistes étaient représentés. Dans d'autres villes, comme à Paris ou à Lyon, d'autres professionnels faisaient partie du mouvement. Avec les nuits blanches de la santé, organisées par les mêmes organisations, la libérale n'est pas terminée. 

Malika Surbled 

*représentés dans le mouvement par les syndicats Convergence Infirmière, Onsil, ainsi que par les associations UNIDEL et collectif NB3NP et soutenus par l'ANEIA.

HARTMANN
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