SOS Médecins rejoint la grève

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L'association rejoint ce 29 décembre le mouvement de grogne du monde médical qui entre dans sa deuxième semaine. Alors que certains décrivent des urgences "en saturation" ou "au bord de l'explosion", Marisol Touraine a affirmé le 25 décembre que le des médecins généralistes n'avait provoqué "aucun afflux". Les commentaires, notamment sur le site de Resilience montrent des situations variables selon les localisations.

SOS Médecins rejoint la grève

©Fotolia/herreneck

SOS Médecins participe, de lundi 08h00 jusqu'à mercredi, au mouvement d'interruption d'activité des médecins , lancé jusqu'au 31 décembre, mais toutes ses structures sont réquisitionnées pour faire face aux risques de pénurie et à l'afflux de patients aux urgences, a indiqué son président le 28 décembre.

Les réquisitions des quelque 1.000 médecins de l'association, qui ne couvraient que des périodes de nuit (20h00-08h00), ont été étendues, a expliqué son président Dominique Ringard à l'AFP. Les 64 structures sont réquisitionnées : certaines en journée et la nuit, d'autres que la nuit. A Sens dans l'Yonne, SOS Médecins "a été réquisitionné du 23 décembre au 6 janvier", dit-il.

A Doullens, dans la Somme, les urgences "ont doublé leur activité" et "sont en saturation", à Beauvais, le SAMU "a failli exploser samedi midi", tandis que celui de l'Oise "était au bord du gouffre", selon SOS Médecins. "A Amiens, le lendemain de Noël on a eu 570 appels, on a vu 400 patients", assure le président de SOS Médecins.

"Heureusement qu'on n'a pas de grippe, sinon on aurait explosé, ajoute-t-il. Les fins d'année sont une période hyper chargée d'habitude avec la pathologie et les médecins en congés. Mais avec en plus des médecins en grève, nous avons un cocktail un peu détonnant", commente auprès de l'AFP le Dr Dominique Ringard.

Le quotidien Le Monde relate, pour le 26 décembre, une situation difficile à Roubaix (Nord). "Tout au long de la matinée, les cinq médecins du centre (SOS Médecins) ont enchaîné sans relâche les consultations sans réussir à vider la salle d’attente" raconte Le Monde.

Michel Bozek, médecin du centre souligne qu'en quatre heures ininterrompues, il a examiné vingt patients. En ajoutant les malades vus à domicile, ce sont au total près de 200 actes qui devaient être réalisés sur la journée par l’ensemble des médecins. Soit près de deux fois plus qu’à la même date en 2013, où 93 actes avaient été effectués.

Centres 15 saturés selon SOS Médecins

SOS Médecins souligne donc une mobilisation "très suivie" des médecins libéraux ces derniers jours, pesant sur des Centres 15 "saturés". Selon MG-France (syndicat de généralistes), entre 40 et 80% des généralistes fermeront leurs cabinets dans les trois jours à venir. Chez les spécialistes, la participation dépasse les 80% selon la CSMF. Cependant, le ministère de la Santé dépeint une situation stable et sous contrôle.

Sur RTL, le 29 décembre, Jean-Paul Hamon président de FMF, a de son côté reconnu que la grève n'est généralistes n'a pas provoqué d'affluence particulière aux urgences. Il semble donc que les situations difficiles aient été relativement localisées.

"Dans mon secteur de soins sur Toulouse, aucun des médecins généralistes que je côtoie ne fait grève. Une amie travaillant aux urgences n'a pas constaté un afflux supérieur de patients par rapport à l'année dernière ou au début de mois", indique un infirmier sur le site du syndicat Resilience qui a lancé un appel à témoignages.

"Grosse affluence aux urgences du CHU Strasbourg sur les trois derniers jours mais pas beaucoup de patients sont restés hospitalisés, même peu pour tout dire, donc ressortis après avoir vu un médecin. Très calme en cardiologie, en vasculaire et en thoracique", poste un autre infimier.

SOS Médecins : contre les hyper-pouvoirs des ARS

Comme les médecins libéraux, l'association est opposée à la généralisation du tiers payant, un dispositif prévu par le projet de loi santé mais SOS Médecins fustige les "pouvoirs déjà énormes" accordés aux directeurs des agences régionales de santé.

Actuellement, en Nord-Pas-de-Calais et Lorraine, "les directeurs d'ARS ont décidé qu'il n'y avait plus besoin de médecin libéral entre minuit et 08h00, et que les gens devaient se rendre aux urgences. Donc pour un gamin qui a une otite à 02h00 du matin, il faudra aller attendre 4-5 heures aux urgences. Cette politique locale va contribuer à engorger encore plus les urgences pour n'importe quoi, et tout ça à des coûts exorbitants", déplore le Dr Dominique Ringard .

"Qu'on nous laisse travailler H24 comme on le fait depuis 48 ans maintenant, y compris la nuit profonde : il y a des enfants à voir, des personnes âgées qui ont besoin de nous à leur chevet", ajoute-t-il.

Poursuite du mouvement après le 31 décembre ?

"Nous ferons le point le 31 au soir de l'état de la mobilisation et de la réponse du gouvernement, sourd, pour l'instant, à tout ce que l'on dit. Un mouvement ne s'arrête pas un jour J, si les réponses n'ont pas été apportées. Il peut se poursuivre sous de multiples formes", explique Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.

"Cette grève normalement s'arrête le 31 décembre. Mais on sait que ça va durer, on sait que ça va être obligé de durer. On est en face d'un ministère qui est particulièrement sourd", affirme Jean-PaulHamon, président de laFMF sur Rtl.fr.

A partir de janvier "nous allons pouvoir discuter de l'ouverture du contenu de la loi santé", mais "il n'y a pas d'ouverture sur les moyens donnés aux généralistes", notamment sur la demande de porter la consultation à 25 euros, ce qui serait une simple "mise à niveau par rapport aux autres spécialités", commente Claude Leicher.

La ministre doit recevoir le 12 janvier des représentants de généralistes, mais d'ores et déjà MG-France appelle à la fermeture des cabinets le 6 janvier. "On va utiliser tous les moyens possibles, entre la fermeture des cabinets, la grève des télétransmissions de feuilles de soins à l'Assurance maladie ou une manifestation nationale à Paris", prévient son président, le Dr Leicher.

Selon nos informations, indique Le Parisien, les responsables syndicaux s'orienteraient vers une grève administrative des feuilles de maladie, et ce dès le 5 janvier. Les grévistes pourraient notamment refuser de prendre la carte Vitale (sauf personnes en difficulté), et donner aux patients la traditionnelle feuille de soins papier à envoyer à l'Assurance maladie.

D'autres syndicats plaident pour une grève de la télétransmission des feuilles de soins, avec un envoi par mois contre trois par semaine normalement. Objectif : saturer les services de l'Assurance maladie.

"En grève pour moi et mon associé dans les Hauts de Seine (...) Je suggère la grève illimité de la télétransmission", commente ainsi un médecin dans Le Généraliste.

Cyrienne Clerc avec Le Parisien, RTL, 20 Minutes, Le Monde, L'Obs, Le Généraliste

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Réactions

3 réponses pour “SOS Médecins rejoint la grève”

  1. Zepat Camu dit :

    avec tout ce qu’ils gagnent.ils feraient de faire profil bas

  2. en plus je ne pense pas que les généraliste vers chez moi fassent la gréve de la carte vitale………hiver dernier 3 jours consecutifs chez le généraliste et payer à chaque fois ..idem paga 23 euro pour ordo du vaccin et repaga 23 euro pour injection dudit vaccin et apres on dit que la sécu est en déficit

  3. Tite Ginie dit :

    Aucun afflux….c’est une plaisanterie…

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