Parti en Guinée-Conakry avec l’EPRUS, un étudiant infirmier en conseil de discipline

Robin Clanet-Leclercq, étudiant infirmier à Nice, doit se justifier d’être parti en mission humanitaire en Guinée Conakry. Il ne comprend pas ce mauvais procès que lui fait son école.

Parti en Guinée-Conakry avec l'EPRUS, un étudiant infirmier en conseil de discipline

©Delphine Bauer

Mi-mars, Robin Clanet-Leclercq, étudiant infirmier à Nice, est parti pendant trois semaines en Guinée-Conakry pour lutter contre Ebola, mais sans le feu vert de son école, l'Institut régional de formation sanitaire et sociale de la Croix Rouge.

«Je ne m'attendais pas à recevoir une médaille, quoique... Les Américains quand ils rentrent chez eux, sont traités en héros. Moi je fais ça parce que je veux être utile. Je suis aussi président du Don du sang mentonnais, sapeur-pompier volontaire, pour contribuer à sauver des vies. Alors, me retrouver en conseil de discipline...»

Il sort de son dossier, l'ordre de mission adressé par le Ministère de la Santé. « Le 12 mars, l'établissement de préparation et de réponse à l'urgence sanitaire (EPRUS) m'a demandé de partir, car je suis réserviste. Je devais y être, le 16 mars ».

Le jour même il envoie par mail à la direction de l'école, une demande d'absence exceptionnelle. Qu'il motive. «Ils ne m'ont pas répondu. Or le temps pressait, la mission devait être en Guinée Conakry le 16 mars. Je suis parti.»

Assurer la sécurité sanitaire à l'aéroport

«Ça devait être la dernière mission de l'État, mais Ebola a repris. Mon rôle consistait à assurer la sécurité sanitaire à l'aéroport. J'assistais le médecin français.». 

Pour éviter tout risque de propagation, ils veillent à ce que les passagers se conforment à un protocole très strict. Lavages de mains au chlore, prise de température.

De retour à Nice, les choses se compliquent pour l'étudiant infirmier. «J'ai reçu une convocation en conseil de discipline. J'ai peur d'être viré de l'école, alors que je suis un bon élève.»

Interrogée, la direction de l'école temporise. «C'est un conseil de discipline pour non-respect du règlement intérieur. Mais Robin a de bons résultats, nous n'avons pas l'intention de l'exclure. Il aurait pu nous avertir qu'il faisait partie de l'EPRUS».

Pourtant, en 2013, Robin Clanet-Leclercq avait demandé à la direction de signer une convention avec le Ministère de la Santé.«Ils n'ont jamais donné suite. Puis, la directrice a changé...»

Rédaction ActuSoins, avec Nice Matin

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Réactions

19 réponses pour “Parti en Guinée-Conakry avec l’EPRUS, un étudiant infirmier en conseil de discipline”

  1. Amox Silline dit :

    Incompréhensible quand on sait d un autre coté qu on forme et diplome le prédicateur des frères Kouachi : Farid Benouettou !!!!!! C est ça la nouvelle éthique infirmière = les honneurs aux malfrats . Le conseil de discipline à ceux qui s engagent pour l humanité . Pfffff

  2. Le monde soignant est pavé de bonnes intentions … Dans les textes seulement! Si ct un univers humain ça se saurait …

  3. Normal, il y a des règles. Il a pas respecté la procédure normale, il passe en conseil. C’est normal. Je soutiens l’IFSI. Sinon vive le bordel si tout le monde fait ça. Faut qu’il comprenne qu’il n’est pas Batman le mec…

  4. C’est vraiment très injuste pour lui et totalement ridicule… il semblerait que l’ifsi (pour moi, mit ici en défaut notamment de communication) fasse du zèle!!!

  5. Adeline Broc dit :

    La en l’occurrence il a prévenu et fourni les justificatifs mais sans réponse de la part de l’ifsi.
    Une convocation pour dire qu’il aurait pu attendre relancer etc… mais réunir un conseil de discipline en sachant qu’ils ne vont pas l’exclure (la direction de l’ifsi l’a dit). Quelle perte de temps pour tout le monde !

  6. Ils ont l’air au top de la communication dans cet ifsi… Encore des débiles qui dirigent cette structure.

  7. Oui c’est vrai cecile. Pour ma pars je demande à chaque fois. Les formations, je les ai prise sur mes congés, jusque une mission sur le temps de travail avec en plus des conditions de l’employeur (quarantaine de 21 jours). La seule formation que j’ai demandé sur le temps de travail, refusé.. Donc un peu dégoûté, surtout lorsque tu t’entend dire ” votre mission ne doit pas avoir d’intérêt, vous êtes juste aide soignant.. “

  8. M’étonnes pas. On vit encore au tps des bonnes soeurs dans les hosto. On doit etre dévoué corps et âme 24/24h 7j/7 à botre saint hopital :-/

  9. Rémi Houard dit :

    Dommage pour le gars bien attentionné !!

  10. Je pense aussi qu il faut être correcte avec son employeur, là en l’occurrence l’école, et ne pas partir sans leur avis. Je sais que certain employeurs ont très retissant mais il faut aussi mettre les formes…et se porter pâle pour pouvoir partir c’est pas très honnête

    • Little_asa dit :

      Il ne s’est pas porté pâle, relisez l’article, il a envoyé un courrier en bonne et dûe forme, il avait déjà prévenu qu’il était réserviste.

      Après, si l’IFSI n’est pas fichu de mettre à jour ses dossiers entre 2 directrices, c’est pas de sa faute à lui.

  11. Hélas triste réalité.. Même pour les agents titulaire la situation n’est pas facile. Les directions signent les conventions tripartite ( car refuser n’est pas bien vu par les ars). Mais lorsqu’il faut libéré les agents le bon vieux “par nécessité de service ” motive les employeurs a ne pas libérer les gens.

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