Formation DPC pour les infirmiers et infirmières : le grand déploiement

Après presque deux ans, le bilan du DPC est plutôt positif. Néanmoins, des axes d’amélioration sont évoqués, car, au quotidien, soignants et institutions rencontrent des difficultés dans sa mise en œuvre. (Cet article est paru dans le cadre d'un dossier formation continue dans le n°14 d'ActuSoins en octobre 2014)

DPC pour les infirmiers : le grand déploiement

© iStock/sandoclr

« Nous ne savons pas si les formations que nous suivons sont DPC qualifiantes ou non. Et lorsque l’on interroge nos cadres à ce sujet, eux-mêmes ne semblent pas être au courant », regrette Céline, infirmière au CHU de Montpellier.

Le manque de communication sur le Développement professionnel continu, Sedalom Folly, responsable de mission à l’UNIFAF(1) l’a constaté aussi.

« Durant cette première année, il y a eu un manque d’informations, aussi bien vis-à-vis des établissements adhérents qu’envers les professionnels de santé et cela malgré les campagnes de communications initiées par les fédérations, les OPCA ou le ministère", souligne-t-il.

"Il est vrai que le dispositif est difficile d’appropriation. Il correspond à un changement de pratiques en termes de formation. Il faut que les établissements puissent organiser la mise en œuvre des programmes et le suivi effectif par les professionnels. Nous avons donc prévu de renforcer notre démarche d’information et d’accompagnement afin d’en améliorer la lisibilité auprès de nos adhérents et de leurs salariés », ajoute-t-il.

En avril 2014, un rapport de la mission de contrôle de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) a établi que les méthodes de DPC étaient méconnues des soignants et que le cadre réglementaire instable – avec de nouveaux décrets d’application qui paraissent tout au long de l’année - , ne facilite pas la mise en œuvre du dispositif. Ce rapport pointe de nombreux dysfonctionnements, évoque un « système bancal » et émet 32 propositions pour simplifier le dispositif.

Des satisfactions sur les préconisations de l’IGAS

Parmi les propositions clés du rapport établi par l’IGAS : plus de contrôle, plus de suivi, des plans de financement… Les OPCA - dont l’UNIFAF - sont satisfaits que certaines recommandations faites à l’IGAS aient été reprises dans le rapport.

« Par exemple, on est sur une obligation annuelle. Or, face à l’insuffisance de budget consacré au DPC, il faudrait que l’obligation soit plus espacée, voire triennale », explique Sedalom Folly.

« D’autre part, on sait que la procédure pour devenir organisme de DPC est très lourde. Pour simplifier cela, nous proposons de prévoir deux procédures distinctes pour les organismes de formation et pour les établissements. En ce qui concerne les financements, nous préconisons de créer un fond propre au DPC et d’élargir les fonds de l’OGDPC(2) – qui ne sont destinés qu’aux libéraux et aux médecins salariés – à l’ensemble des professions concernées par le DPC, donc aux infirmiers salariés ». Des décisions gouvernementales devraient bientôt être prononcées pour simplifier le DPC.

Malika Surbled

 (1) UNIFAF : OPCA (organisme paritaire collecteur agréé) de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif.

(2) l’OGDPC finance les formations DPC des infirmières libérales et des médecins salariés, grâce à des fonds de l’assurance maladie et de l’Etat. 

Le DPC, c’est quoi ?

C’est un dispositif unique et obligatoire depuis le 1er janvier 2013, associant la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles. Ce programme s’adresse à l’ensemble des professionnels de santé, quel que soit leur mode d’exercice et leur statut. Chaque programme de DPC comporte des méthodes et des modalités validées par la Haute Autorité de Santé et doit être dispensé par un organisme de DPC.

 

Chez les libérales

En 2013, 13995 infirmières libérales ont suivi un programme de DPC, ce qui représente 133% de l’objectif fixé par l’OGDPC pour la première année de montée en charge. Si le financement n’a pas posé de problème malgré la sous-évaluation du personnel à former la première année, l’engouement massif des libérales pourrait causer des soucis budgétaires dans les années à venir. Aussi, l’OGDPC a sollicité son conseil de gestion pour anticiper le risque.

Pour aller plus loin : formation continue DPC pour les infirmières et infirmiers libéraux

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