Le récit d’Isabelle ou le blues de l’infirmière

Isabelle, à Figeac, est le personnage central d'un nouveau de François Bégaudeau dans la la collection Raconter la vie, publiée au Seuil.

Le récit d'Isabelle ou le blues de l'infirmière"Le moindre mal" est un court récit (80 pages) à la croisée du reportage et de la littérature. Cela aurait pu s'intituler "le blues de l'infirmière".

Au travers de l'histoire vraie d'Isabelle, que l'auteur a suivi, interrogé, c'est une plongée dans les coulisses de nos malades, le récit d'une grève (en 2012),...

Une réflexion aussi : comment continuer à aimer son métier lorsque l’institution à laquelle on a été attaché se transforme si profondément ?

En voici un premier extrait :

« Au fil des années, elle se découvrira peu bavarde avec les patients. Les écoutera s’ils se confient, mais d’une oreille seulement, concentrée sur ses gestes, à rebours de certaines aides-soignantes douées pour alimenter la conversation mais plus lentes dans l’exécution des protocoles techniques. Isabelle pense qu’on fait bien ce métier si on a le sens des priorités. Les mains avant la bouche.

Poser des sondes urinaires, elle adore. Soin invasif très infectieux = beaucoup de précautions de stérilisation = belle panoplie de gestes à exécuter. Une fois enfilés les gants, il ne faut toucher que le matériel stérile extrait des sets à sondage. Tout doit être fait dans l’ordre, rigoureusement, soigneusement.

Piquer, elle adore aussi. Par goût, et parce qu’elle y excelle. Une collègue ne trouve pas la veine ? Elle prend le relais et trouve. Elle trouve même avec les patients obèses, qui demandent qu’on s’y reprenne à deux fois, ce qui fait trois. Rater l’agace, mais rater dénote qu’il y a une marge de progression, et elle aime progresser. On peut toujours gagner en fluidité dans la répartition des tâches entre main droite et main gauche. Elle y travaille.

Lors de son passage en endocrinologie, elle aimera les injections d’antihormones de croissance, si onéreuses qu’il est bienvenu de les réussir du premier coup. Une fois la dose réglée, il faut piquer tout de suite car le produit cristallise vite. Or l’aiguille est grosse comme ça, on l’appelle le pieu. Intérêt à prendre son temps pour bien viser. Se tenir sur la crête entre diligence et prudence. C’est angoissant, c’est excitant. »

Rédaction ActuSoins

 

Le moindre mal, François Bégaudeau, Seuil, coll. Raconter la vie, 79 p., 5,90. Paru depuis le 4 septembre 2014.

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Réactions

2 réponses pour “Le récit d’Isabelle ou le blues de l’infirmière”

  1. Agnes Paquet dit :

    33 ans de métier : 3 ans de chirurgie , 17 ans de réa ,13 ans de libéral et pas un coup de bluzz . ras le bol de toutes ces infirmières qui se regardent le nombril et qui ne savent pas où elles ont mal ! Ce passage est à vomir . il est sur que je ne lirai pas ce livre . nous avons un métier avec de multiples facettes qui nous permettent de ne jamais s’y ennuyer . et pour boire le café durant les pauses , elle est aussi angoissée . un conseil : faites autre chose !!!!!

  2. Cela fait froid dans le dos!!! Vous êtes sûre qu’elle travaille avec des patients!!! Il est ou??

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