[TRIBUNE] Les infirmiers du SMUR Hôtel Dieu obligés de muter aux urgences de Cochin

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 « Ils avaient pourtant dit pas de mutation forcée »

Façade de l'Hôtel Dieu en mai 2014 - LM

Façade de l' en mai 2014 - LM

Le devenir de l’Hôtel-Dieu est aujourd’hui dans les mains du nouveau directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch.

De récentes annonces ont été faites (Réouverture des lits portes, maintien en cas de besoin des lits de médecine interne…) mais au quotidien, la réalité est toute autre.

Effets d’annonce ? Intoxication pour calmer les troupes avant les municipales  ou tout simplement délai normal avant mise en application ?  En tous cas, voici ce qui se passe.

Les réunions d’organisation du « nouvel Hôtel-Dieu » version Fagon/hôpital debout  (un peu couché tout de même depuis la nomination de Martin Hirsch) continuent voire s’accélèrent, laissant les soignants dans une incertitude coupable.

Malgré les annonces que le projet Hôtel-Dieu n’est pas fixé, que tout reste à faire, on explique aux agents ce que va devenir l’Hôtel-Dieu au 1er Janvier 2014 : un hôpital sans lit avec une consultation 24/24 et des consultations spécialisées.

Bref, au mieux une maison de santé et au pire un dispensaire.. Les agents, notamment ceux des urgences, sont priés de choisir : il y a ceux qui ont décidé de partir, ceux qui ont décidé de rester, et puis il y a les infirmiers du SMUR ! Le SMUR lui n’est pas menacé de départ ; trop stratégique et trop belle vitrine pour garantir que les parisiens auront toujours des soins d’urgence au cœur de la ville ! Mais les IDE du SMUR eux sont l’objet de pressions, victime d’un chantage intolérable : si tu veux rester au SMUR, tu dois aller à Cochin ; sinon, pas de SMUR.

Mutation Forcée ? ca y ressemble fort.

Le SMUR dépendait jusqu’à présent des urgences de l’Hôtel-Dieu et ses équipes paramédicales étaient mutualisées avec le service des urgences (même site, complémentarité d’exercice,…)

Mais à l’heure de la fermeture des urgences (pardon de l’évolution), une récupération administrative et paramédicale du SMUR par Cochin est en cours, alors même que le SMUR vient d’être rattaché à l’autorité médicale du 75 de l’hôpital Necker ! A ne plus rien n’y comprendre, si ce n’est que les personnels non médicaux ont été contraints à faire un choix : aller à Cochin pour continuer leur activité pré-hospitalière ou sortir tout simplement du camion… Certains d’entre eux ont décidé de ne pas muter à Cochin et ont tout simplement été remerciés (certain ne pouvant aller à Cochin pour des questions d’organisation de service qui ne pouvaient s’adapter à leur vie de famille)

Les autres ont choisi d’aller à Cochin, non pas par envie mais tout simplement pour continuer leur activité de SMUR.

Choisi ? Non ils ont été contraints, au risque de perdre leur activité SMUR.

Certain se posent encore la question de savoir si leur choix a été le bon, car un mois sur deux ils seront dans un lieu d’exercice qu’ils non pas choisi, mais que la direction leur a imposé lors de la restructuration.

A l’heure où les syndicats dénoncent les risques psycho-sociaux, il existe au sein de cette équipe des infirmiers, infirmières, qui souffrent devant cette obligation.

Peut –on parler de mutation forcée ? Les directions du personnel vous diront que non, car on avait le choix de ne pas faire de SMUR et donc d’aller ailleurs.

Partir, et briser une équipe formée, compétente, professionnelle et aimant leur activité.

Mais pourquoi obliger le personnel ? Tout simplement parce que Cochin  se sert du SMUR de l’Hôtel-Dieu comme argument de recrutement pour ses urgences.

Il est urgent de revenir sur cette décision. Le SMUR de l’Hôtel-Dieu et ses personnels doit fonctionner avec une équipe mutualisée Urgences-SMUR, sous la responsabilité du SAMU 75. C’est la seule solution opérationnelle et pérenne. Et c’est également la seule option valable en termes de dialogue social tant prôné à l’APHP.

Toute autre méthode ou option ne serait que la poursuite d’une feuille de route tracée par l’ancienne direction générale.

Guillaume Gandoin - Infirmier

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