Les infirmières puéricultrices font monter la pression

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Le ministère de la Santé leur a promis, vendredi 27 septembre, une feuille de route pour cet automne. Une promesse obtenue grâce à la mobilisation des manifestantes, réunies sous les fenêtres de Marisol Touraine.

Manifestation infirmières puéricultricesLa mobilisation des infirmières prend de l’ampleur. Alors qu’elles n’étaient que 200 à défiler le 13 juillet, elles étaient environ 500 – selon nos estimations – à battre le pavé parisien vendredi 27 septembre.

Un peu moins que les 700 attendues par l’ANPDE (l’association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiants) et le Ceepame (Comité d’entente des écoles préparant aux métiers de l’enfance), leaders du mouvement, mais tout de même un beau succès.

Car c’est sur leur jour de congé que les « Puer » présentes ce vendredi manifestent.

Au son du mégaphone et des vuvuzelas, elles ont à nouveau clamé leurs revendications : une formation modernisée et un grade de Master. Le contenu de la spécialisation en puériculture est en effet identique depuis… 1983. « La formation a aujourd’hui 30 ans d’existence. Or, depuis cette époque, la position des puéricultrices a fortement changé. D’autres professions paramédicales viennent d’être réformées, on veut appartenir au même cycle de formation » explique Patricia Faivre, présidente du Ceepame.

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« On sort les crocs »

« Nous réclamons la reconnaissance de ce qu’on fait quotidiennement. Notre expertise n’est pas reconnue » s’agace Sylvie Cacciatore, infirmière puéricultrice et formatrice à l’école de puériculture du lycée Rabelais à Paris. Autour d’elle, ses collègues, slogans scotchés sur la blouse, approuvent. « On commence à sortir les crocs » rigole l’une d’elles.

Car les « Puer » perdent patience. Le dossier de la réingénieurie de leur diplôme est sur la table depuis 2007, sans avancée majeure. L’arrivée de Marisol Touraine au ministère de la Santé l’an dernier n’a rien changé. Leur dernier rendez-vous, en juillet, s’est à nouveau soldé par un échec . « On nous avait dit d’attendre le rapport de l’Igas qui devait sortir en septembre. A ce jour, il n’a toujours pas été publié » constate Sébastien Colson, président de l’ANPDE.

La profession se sent négligée. La présentation par la ministre de sa stratégie nationale de santé, le 24 septembre, ne l’a pas rassurée. « On évoque de nouveaux métiers, mais on ignore notre profession qui a pourtant montré son utilité depuis 1947. On parle de développer des maisons de santé, pourquoi on ne permet pas aux puéricultrices d’exercer en libéral ? Cela permettrait de répondre aux besoins des familles et de désengorger, par exemple, les urgences pédiatriques des hôpitaux » clame Sébastien Colson.

Malgré la colère qui monte, l’heure n’est pas encore aux actions musclées comme celles des Iades en 2010 . « On a toujours privilégié la voie diplomatique mais on constate que ça ne marche plus. On veut casser notre réputation de gentils, mais on ne veut pas brusquer les choses non plus » tempère le président de l’ANPDE.

Une « feuille de route » cet automne

Ce vendredi, il semblerait que les cris des « Puer » soient enfin arrivés aux oreilles des représentants du ministère de la Santé. Tandis que les manifestantes s’époumonaient sans relâche face au bureau de Marisol Touraine, leurs délégués ont pu obtenir une rencontre « constructive » selon eux même si les représentants du ministère de l’Enseignement supérieur ont annulé leur venue au dernier moment.

Principale avancée : les travaux de réingénieurie du diplôme, jusqu’ici au point mort, devraient reprendre à partir de décembre. Le ministère promet également de publier une « feuille de route » dès cet automne. Des annonces qui ne rassurent qu’à moitié. « On reste vigilantes et on n’hésitera pas à reprendre la mobilisation » promettent les manifestantes.

Amélie Cano

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