Etudiants infirmiers : les priorités de la nouvelle équipe FNESI

| | mots clefs : , 1 réaction

Karina Durand, étudiante en troisième année à l'IFSI de Nancy, a été élue à la tête de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers () lors de leur université d’été organisée du 13 au 16 juin à Carcans en aquitaine. Elle dispose d’une année pour mettre en œuvre un programme ambitieux.

La nouvelle équipe à la tête de la FNESI, élue lors des Universités d'Eté 2013 - DR

La nouvelle équipe à la tête de la FNESI, élue lors des Universités d'Eté 2013 - DR

Quelles sont les priorités de votre mandat ?

Nous avons eu la bonne nouvelle d’apprendre que les études en soins infirmiers vont enfin être sous la cotutelle du ministère de la Santé et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre du projet de loi sur l’Enseignement supérieur et la recherche (adopté le 9 juillet, NDLR). Il s’agit d’une position de la FNESI depuis 2007.

Une partie de notre formation porte sur la santé mais pour la pédagogie, nous voulions pouvoir bénéficier de l’expertise du ministère de l’Enseignement supérieur. Maintenant, il va falloir investir cette cotutelle.

La FNESI œuvre également pour la démocratie étudiante et nous souhaitons faire en sorte que les délégués élus des différentes promotions au sein des IFSI soient davantage écoutés, entendus, et formés à siéger. Notre objectif est de pouvoir informer et former les étudiants afin de faire en sorte d’apporter des projets dans les IFSI, d’améliorer leur vie étudiante.

Enfin, nous allons aussi nous intéresser à la problématique du financement des études en soins infirmiers par les régions et le Pôle Emploi car un grand nombre d’étudiants arrêtent leur formation ou trouvent un travail en parallèle ou encore s’endettent pour pouvoir poursuivre leurs études. Nous allons travailler sur ce sujet avec le ministère du Travail l’année prochaine.

Quel regard portez-vous sur la réforme Licence-Master-Doctorat et sur ses effets ?

Nous en faisons un bilan mitigé car avec cette réforme, les étudiants reçoivent désormais des enseignements divers et importants comme l’anglais, l’informatique ou encore l’initiation à la recherche. Ce partenariat avec l’université est fondamental. Par contre, il y a de nombreux points rouges notamment l’introduction des supports de formation informatisés comme les DVD, le manque de formation des tuteurs de stage qui amène les étudiants à former eux-mêmes leurs tuteurs au portfolio.

Certains points sont en train d’être régularisés. Nous désirons l’intégration universitaire mais pour le moment nous avons encore de nombreuses problématiques à régler comme le fait que nous n’avons pas droit aux services universitaires, ni au Crous, ni à la bibliothèque universitaire ou encore au sport, alors que ce sont de réels besoins pour les étudiants. Nous recevons de nombreux appels, emails et messages sur Facebook de la part des étudiants pour dénoncer un mal-être.

La FNESI a récemment dénoncé le chômage qui touche de plus en plus les jeunes infirmiers...

Nous avons en effet été les premiers à alerter sur cette problématique. De plus en plus de jeunes diplômés nous appellent pour nous faire part du désarroi dans lequel ils se trouvent face à des situations de chômage. La formation nous ayant été présentée comme la garantie certaine d'un emploi et au vu du contexte de pénurie d’infirmières généralisée, il est normal que ces jeunes IDE se sentent perdus.

Il faut arrêter de vendre notre formation comme une garantie d'accès à l'emploi, c'est absolument faux.

La seule variable constante et certaine est l'augmentation des situations de chômage ou d'emplois précaires. Les chiffres manquent quant à la réalité de la situation : seuls les chiffres du Pôle Emploi sont pris en compte dans les études statistiques d'accès à l'emploi. Or les infirmiers se dirigent préférentiellement vers les agences d'intérim au sortir de l'IFSI en attendant que leurs candidatures dans les services hospitaliers aboutissent.

Les régions quant à elles tentent de réguler la pénurie d'infirmière par des modifications inadaptées comme l'augmentation des quotas à l'entrée en IFSI, voire la création de nouveaux IFSI. Le chômage infirmiers est en effet intrinsèquement lié aux problématiques budgétaires des établissements de santé. L'une des positions de la FNESI est de faire en sorte d'obtenir une gestion, un cadrage national de notre démographie : les régions ne tiennent en effet jamais compte ni de la région d'origine ni de la région à laquelle se destine un ESI, or 24 % d'entre nous n'exercera jamais dans sa région d'étude.

Les causes du chômage infirmier sont multiples mais une chose est sûre : il faut arrêter de vendre notre formation comme une garantie d'accès à l'emploi, c'est absolument faux. Les IFSI devraient sensibiliser à cet état de fait et donner aux ESI les compétences nécessaires pour se vendre sur un marché du travail arrivé à saturation.

Propos recueillis par Laure Martin

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

1 réponse pour “Etudiants infirmiers : les priorités de la nouvelle équipe FNESI”

  1. ide54_78 dit :

    “Certains points sont en train d’être régularisés. Nous désirons l’intégration universitaire mais pour le moment nous avons encore de nombreuses problématiques à régler comme le fait que nous n’avons pas droit aux services universitaires, ni au Crous, ni à la bibliothèque universitaire ou encore au sport, alors que ce sont de réels besoins pour les étudiants.”

    que l’on soit étudiants ou par la suite infirmier, ce n’est parce qu’on n’y arrive pas ou qu’on ne sait pas, que cela n’est pas possible.

    Lorsque je faisais mes études, en LORRAINE, toute la région, nous pouvions loger en cité U, accéder au BU, manger au RU

Il faut être connecté pour écrire un commentaire Se connecter

retour haut de page
237 rq / 1,497 sec